Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Probablement par les Chevaliers du Temple
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les treize premiers de l'Oise
1914-1918
Destruction pendant la Première Guerre mondiale
Destruction pendant la Première Guerre mondiale
1914-1918 (≈ 1916)
Presque totalement détruite
6 mars 1932
Rebénédiction après reconstruction
Rebénédiction après reconstruction
6 mars 1932 (≈ 1932)
Reconstruction à l’identique
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Chevaliers du Temple - Commanditaires présumés |
Auraient construit l’église au XIIe |
| Famille de l'Aigle - Famille noble locale |
Plaques funéraires dans l’église |
| Richard-Augustin des Acres de l'Aigle - Enfant représentée sur un médaillon |
Décédé en 1846 à dix ans |
Origine et histoire
L’église Saint-Éloi de Tracy-le-Val, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, est l’un des treize premiers monuments historiques classés en 1840. Sa construction est attribuée au XIIe siècle, probablement sous l’autorité des Chevaliers du Temple. Elle se distingue par son architecture romane primitive, notamment son clocher à deux niveaux : un étage carré surmonté d’un étage octogonal, agrémenté de chapiteaux sculptés en forme de têtes et de modillons représentant des figures fantastiques. Les façades extérieures sont également ornées de sculptures longilignes et de grotesques, typiques de l’art médiéval.
Presque entièrement détruite pendant la Première Guerre mondiale, l’église a été reconstruite à l’identique et rebénie le 6 mars 1932. Cette restauration a permis de conserver ses caractéristiques originales, comme le portail au fronton triangulaire, les colonnettes à chapiteaux délicats, et les oculi éclairant les bas-côtés. À l’intérieur, on trouve des plaques funéraires de la famille de l’Aigle, dont un médaillon en marbre noir orné d’or représentant un enfant décédé en 1846. La cuve baptismale, datant probablement du XIIe siècle, témoigne également de l’ancienneté du lieu.
Le clocher, décrit comme une « perle de l’art français » par André Hallays en 1910, impressionne par sa richesse décorative et l’harmonie de ses proportions. La tour carrée, percée de fenêtres étroites encadrées de colonnettes, se transforme en une structure octogonale couronnée d’un cône de pierre. Aux angles, des statues aux ailes déployées masquent la transition architecturale. Les modillons et les chéneaux, ornés de têtes d’hommes et d’animaux expressifs, ajoutent à son caractère unique. Alexis Martin, en 1894, soulignait déjà la « grâce des lignes » et la « suavité des détails » de cet édifice, malgré sa petite taille.
Affiliée à la paroisse Notre-Dame-de-la-Résurrection de Carlepont, l’église Saint-Éloi reste un témoignage majeur de l’architecture romane en Picardie. Son classement précoce parmi les monuments historiques, ainsi que les éloges littéraires du XIXe et du début du XXe siècle, confirment son importance patrimoniale. Aujourd’hui, elle continue de marquer le paysage de Tracy-le-Val, au carrefour des rues du Temple et du Général de Gaulle, comme un symbole de résilience et de préservation du patrimoine médiéval.