Frise chronologique
1163
Première mention écrite
Première mention écrite
1163 (≈ 1163)
Église rattachée aux bénédictins de Saint-Jacut.
XVe-XVIe siècles
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Style gothique flamboyant, décoration intérieure.
1790
Création de la commune
Création de la commune
1790 (≈ 1790)
Locquenvel devient commune indépendante.
1806-1820
Rattachement temporaire
Rattachement temporaire
1806-1820 (≈ 1813)
Succursale de Belle-Isle-en-Terre avant rétablissement.
1902
Changement de nom
Changement de nom
1902 (≈ 1902)
Locquenvel devient Loc-Envel.
19 janvier 1911
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 janvier 1911 (≈ 1911)
Protection de l'édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 19 janvier 1911
Personnages clés
| Saint Envel - Ermite et saint patron |
Fondateur légendaire de l'ermitage au VIe siècle. |
| Jûna - Sœur d'Envel, religieuse |
Installée à Plounévez-Moëdec selon la légende. |
| Envel le Petit - Frère d'Envel, ermite |
Établi près de Belle-Isle-en-Terre. |
| René Couffon - Historien et archéologue |
A étudié l'église au XXe siècle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Envel, située à Loc-Envel dans les Côtes-d'Armor (Bretagne), est un édifice religieux catholique du XVIe siècle, de style gothique flamboyant. Elle se distingue par sa riche décoration intérieure en bois sculpté, intacte depuis sa création, et ses vitraux narrant la légende de saint Envel, un ermite du VIe siècle ayant fondé un ermitage sur ce site. Le monument, classé aux Monuments Historiques en 1911, appartenait autrefois aux bénédictins de l'abbaye de Saint-Jacut.
Selon la tradition orale, saint Envel, fêté le 11 décembre, aurait quitté l'île de Bretagne avec sa sœur Jûna et son frère Envel le Petit pour s'installer en Armorique. Les trois ermites bâtirent des refuges formant un triangle près du bois de Coat-an-Noz. La légende raconte qu'Envel aurait dompté un loup et ordonné au torrent Guic de se taire pour entendre la cloche de sa sœur. Ces récits, absents des textes anciens, sont transmis par les vitraux de l'église.
L'édifice actuel, construit au XVIe siècle, remplace une église médiévale attestée dès 1163 comme prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut. Le bourg, initialement nommé Locquenvel, devint une commune en 1790 avant d'être rattachée à Belle-Isle-en-Terre en 1806, puis rétabli en 1820 sous son nom actuel, Loc-Envel. L'église, orientée est-ouest, présente une nef à bas-côtés, un transept et un chevet à trois pans orné de gargouilles et de chimères.
L'intérieur abrite une voûte lambrissée sculptée représentant des scènes religieuses et profanes, dont des angelots tenant les instruments de la Passion. Les quatre Évangélistes, en statues grandeur nature, supportent les arêtiers de la croisée du transept. Le mobilier inclut un jubé du XVIe siècle, un retable du XVIIe siècle illustrant la Passion, et une relique de saint Envel (un os du bras), autrefois portée en procession lors du pardon annuel.
Les vitraux de l'abside, datés du XVIe siècle, dépeignent des miracles attribués à saint Envel, comme la domestication d'un loup ou la protection des paysans contre les prédateurs. Bien que le saint soit parfois confondu avec saint Armel dans les phylactères, les scènes illustrent clairement sa légende locale. Ces vitraux, réorganisés à l'époque moderne, conservent des éléments originaux comme le miracle de la Sainte Hostie.
Le clocher-mur, orné de chimères, et le chevet à trois pans reflètent le style gothique flamboyant, bien que leur attribution à la famille Beaumanoir soit contestée par les historiens. L'église, propriété communale, reste un lieu de culte actif pour la paroisse de Bégard-Belle-Isle-en-Terre. Son classement en 1911 souligne son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son mobilier exceptionnel.