Frise chronologique
1243
Prise en charge par l’ordre du Saint-Esprit
Prise en charge par l’ordre du Saint-Esprit
1243 (≈ 1243)
Le quartier et l’église adoptent son nom.
fin XIIe siècle
Fondation du prieuré-hôpital
Fondation du prieuré-hôpital
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Installation des Hospitaliers pour les pèlerins.
1463
Construction de l’église par Louis XI
Construction de l’église par Louis XI
1463 (≈ 1463)
Remplace la chapelle romane, style flamboyant.
XVIe siècle
Remaniement majeur
Remaniement majeur
XVIe siècle (≈ 1650)
Conservation des voûtes ogivales carrées.
1792
Dissolution du chapitre collégial
Dissolution du chapitre collégial
1792 (≈ 1792)
Devenue église paroissiale après la Révolution.
2e moitié XIXe siècle
Agrandissement par Émile Loupot
Agrandissement par Émile Loupot
2e moitié XIXe siècle (≈ 1865)
Ajout du bas-côté, porche et tribune.
1868
Arrivée des reliques de sainte Irène
Arrivée des reliques de sainte Irène
1868 (≈ 1868)
Découvertes à Rome en 1825.
1906
Installation des vitraux Mauméjean
Installation des vitraux Mauméjean
1906 (≈ 1906)
Atelier biarrot renommé pour ses verrières.
2008
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2008 (≈ 2008)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. BI 200, 203) : inscription par arrêté du 17 décembre 2008
Personnages clés
| Louis XI - Roi de France (1461–1483) |
Commanditaire de l’église en 1463. |
| Émile Loupot - Architecte palois (XIXe s.) |
Auteur de l’agrandissement néo-roman. |
| Jules-Pierre Mauméjean - Maître-verrier (Biarritz) |
Créateur des vitraux en 1906. |
| Chanoine Menjoulet - Archéologue et initiateur |
Promoteur de la restauration (XIXe s.). |
Origine et histoire
L’église Saint-Esprit trouve ses origines à la fin du XIIe siècle, lorsque l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem s’installe dans le futur quartier Saint-Esprit de Bayonne pour y fonder un hospice et un prieuré destinées aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1243, l’ordre du Saint-Esprit remplace les Hospitaliers et donne son nom au quartier. La chapelle romane primitive, dite « dou cap de pount », est remplacée en 1463 par une nouvelle église construite sur ordre du roi Louis XI, qui lui accorde une rente de 4 000 livres tournois. L’édifice, devenu collégiale, adopte alors des voûtes gothiques flamboyantes et s’insère dans un quartier dynamique peuplé d’artisans et de juifs expulsés d’Espagne et du Portugal.
Au XVIe siècle, l’église est profondément remaniée, conservant cependant deux voûtes en croisée d’ogives d’origine. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient des restaurations successives, avant que la Révolution ne dissolve le chapitre collégial en 1792, transformant l’église en paroisse. Au milieu du XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer industrialise le quartier, poussant à un agrandissement majeur dans la seconde moitié du siècle : l’architecte Émile Loupot ajoute le bas-côté sud, la tribune d’orgue et un porche néo-roman. L’église, classée monument historique en 2008, abrite depuis 1868 des reliques de sainte Irène et des vitraux signés Mauméjean (1906).
L’édifice mêle aujourd’hui des éléments roman (chevet plat, clocher-mur ouest), gothique flamboyant (choeur voûté à liernes et tiercerons) et néo-roman (porche à chapiteaux). Parmi ses trésors, un relief polychrome du XVe siècle représente la Fuite en Égypte, tandis que des fragments de vitraux du XIIIe siècle, découverts en 1959, sont conservés au musée basque de Bayonne. Ces vitraux originaux illustraient notamment l’arbre de Jessé, témoignant de la richesse artistique primitive du lieu.
Le quartier Saint-Esprit, historiquement lié à l’accueil des pèlerins et des communautés juives ibériques, a vu son église devenir un symbole de la diversité culturelle et religieuse de Bayonne. La collégiale, fondée par Louis XI en reconnaissance des services diplomatiques du prieur, reflète aussi les évolutions architecturales et sociales de la ville, des guerres de Religion à la révolution industrielle. Son inscription aux monuments historiques souligne son rôle patrimonial dans le diocèse de Bayonne et la région Nouvelle-Aquitaine.