Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L’église Saint-Étienne de Bar-le-Duc, initialement collégiale Saint-Pierre, fut édifiée entre 1315 et 1630 dans un style gothique flamboyant, avec des influences renaissantes. Fondée par le comte Édouard Ier de Bar, elle remplace une chapelle du XIIIe siècle. Les travaux, ralentis par la guerre de Cent Ans et les conflits locaux, reprennent grâce à l’intervention du pape, du duc René Ier d’Anjou, et des chanoines. La façade, achevée au XVIe siècle, mêle motifs gothiques et éléments renaissants comme la galerie ou l’arc en anse de panier.
En 1782, la collégiale fusionne avec Saint-Maxe, autre collégiale de la ville, avant d’être rebaptisée église Saint-Étienne après la Révolution. Endommagée pendant cette période (destruction de statues, vitraux, blasons), elle est restaurée au XIXe siècle, avec des modifications comme la suppression du trumeau du portail en 1809. Classée monument historique en 1889, elle abrite aujourd’hui des œuvres majeures, dont le Transi de René de Chalon (1545) et le Christ en croix de Ligier Richier, ainsi que des vitraux des XIXe et XVIe siècles.
L’église, de plan basilical sans transept marqué, est une église-halle où nef et collatéraux ont la même hauteur, offrant une grande luminosité. Son chœur à cinq pans et ses chapelles latérales (comme celle de Stainville, XVIe siècle) illustrent la transition entre gothique et Renaissance. La crypte, étudiée en 2016, révèle des vestiges de l’ancienne chapelle Saint-Nicolas. Parmi ses trésors, la statue Notre-Dame du Guet (XIVe siècle), liée à une légende de protection de la ville, fut couronnée en 1920 après un vœu pendant la Première Guerre mondiale.
Le mobilier inclut un orgue du XIXe siècle, classé en 1971 et 2000, dont le buffet date partiellement du XVIIIe siècle. Les vitraux, comme La Procession des reliques de saint Maxe (1880) ou La Lapidation de saint Étienne (XIXe siècle), témoignent de l’histoire locale et religieuse. L’église conserve aussi des statues classées, comme Saint Roch et Saint Adrien (Jean Crocq, XVe-XVIe siècles), et un tableau anonyme du XVIIe siècle représentant La Crucifixion avec le château des ducs de Bar en arrière-plan.
Symbole du patrimoine barisien, l’église Saint-Étienne allie architecture gothique, sculptures Renaissance et légendes médiévales. Son classement en 1889 et ses 52 objets protégés en font un lieu incontournable du Grand Est, marqué par les bouleversements révolutionnaires et les restaurations du XIXe siècle.