Frise chronologique
1030–1050
Début de la construction
Début de la construction
1030–1050 (≈ 1040)
Fondation par des fidèles chrétiens.
1070–1078
Achèvement et voûtement
Achèvement et voûtement
1070–1078 (≈ 1074)
Par Lancelin II, dédicace par l’évêque Régnier.
1080
Don à l’abbaye de Vendôme
Don à l’abbaye de Vendôme
1080 (≈ 1080)
Transformée en prieuré bénédictin.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés.
1847
Sauvetage par Mérimée
Sauvetage par Mérimée
1847 (≈ 1847)
Empêche la destruction pour agrandir la place.
1992
Rachat par la commune
Rachat par la commune
1992 (≈ 1992)
Restauration et reconversion culturelle.
1999
Restauration et inauguration
Restauration et inauguration
1999 (≈ 1999)
Devenue centre culturel avec vitraux modernes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Etienne (cad. F4 769) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Lancelin II - Seigneur de Beaugency |
Finance et achève la construction (1070–1078). |
| Lancelin III - Fils de Lancelin II |
Érige l’église en prieuré en 1079. |
| Régnier - Évêque d’Orléans |
Consacre l’église vers 1078. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques |
Sauve l’église de la destruction en 1847. |
| Jean-Dominique Fleury - Maître verrier |
Crée les vitraux lors de la restauration (1999). |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Beaugency, fondée au XIe siècle entre 1030 et 1050, fut initialement dédiée au Saint-Sépulcre avant d’adopter son vocable actuel au XVIe siècle. Elle fut érigée en prieuré par Lancelin II, seigneur local, qui y contribua par des dons (droits de péage, serfs) et la plaça sous la dépendance de l’abbaye de la Trinité de Vendôme en 1080. L’édifice, terminé vers 1079, servait aussi à défendre spirituellement l’enceinte de Beaugency, selon une tradition mérovingienne. Son architecture romane (voûtes en berceau, abside circulaire) et son clocher du XIIe siècle en font un témoignage rare de cette époque.
Classée monument historique en 1840, l’église échappa de peu à la destruction en 1847 grâce à l’intervention de Prosper Mérimée, qui la fit racheter par l’État. Désaffectée en 1914 après avoir servi de grenier, magasin à bois, ou dépôt, elle fut restaurée en 1999 pour devenir un centre culturel accueillant expositions et conférences. Ses vitraux contemporains, créés par Jean-Dominique Fleury, et sa localisation sur la place du Martroi — dans le périmètre UNESCO du Val de Loire — en font un site patrimonial majeur.
L’histoire de l’église reflète les bouleversements religieux et politiques de la France : vendue comme bien national en 1791 pendant la Révolution, elle fut aussi un symbole de résistance culturelle. Son sauvetage au XIXe siècle, malgré les projets municipaux de démolition, illustre l’évolution de la perception du patrimoine. Aujourd’hui propriété de la commune, elle incarne à la fois un héritage médiéval et une vocation moderne, mêlant mémoire et création artistique.