Frise chronologique
1141
Première mention de l'église
Première mention de l'église
1141 (≈ 1141)
Donation à l’abbaye du Bec par Hugues III.
XIIIe siècle
Ajout de la chapelle nord
Ajout de la chapelle nord
XIIIe siècle (≈ 1350)
Agrandissement du chœur avec une chapelle.
XIVe siècle
Construction de la chapelle sud
Construction de la chapelle sud
XIVe siècle (≈ 1450)
Chapelle seigneuriale dédiée à Notre-Dame des Neiges.
XVIe siècle
Remaniments majeurs
Remaniments majeurs
XVIe siècle (≈ 1650)
Voûtes gothiques, baies flamboyantes, sacristie ajoutée.
1877-1878
Restauration radicale
Restauration radicale
1877-1878 (≈ 1878)
Voûtes néogothiques, perte d’authenticité intérieure.
18 mars 1927
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
18 mars 1927 (≈ 1927)
Protection du chœur, clocher et portail roman.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le choeur, le clocher, le portail : inscription par arrêté du 18 mars 1927
Personnages clés
| Hugues III d'Amiens - Archevêque de Rouen |
Confirme la donation de l’église à l’abbaye du Bec (1141). |
| Pierre Coquelle - Historien local |
A étudié les clochers romans du Vexin (1903). |
| Comtesse des Courtils - Mécène |
Finance la restauration controversée de 1877-1878. |
| Jean Begeault - Prieur de Bouconvillers |
Fondation de messes commémorée par une dalle (vers 1570). |
| Claude Vignon - Peintre attribué |
Auteur présumé du tableau *Sainte Famille* (XVIIe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Bouconvillers, mentionnée pour la première fois en 1141, est alors rattachée à l’abbaye Notre-Dame du Bec. Son portail roman, daté de cette année, et son clocher à deux étages (carré puis octogonal) en font un monument rare dans le Vexin français. La nef, le croisillon nord et le clocher, construits au XIIe siècle, forment l’église primitive en plan cruciforme, sans bas-côtés. Le clocher, inspiré de celui de la collégiale Notre-Dame de Poissy, culmine à 37 mètres avec une flèche en pierre.
Au XIIIe siècle, une chapelle latérale nord est ajoutée au chœur, suivie au XIVe siècle d’une chapelle sud dédiée à Notre-Dame des Neiges, servant de chapelle seigneuriale. Le XVIe siècle marque une phase de remaniements majeurs : reconstruction du croisillon sud avec une voûte sur croisée d’ogives, remplacement des baies romanes par des fenêtres flamboyantes, et revoûtement du chœur. Une sacristie est aussi construite, masquant partiellement la tourelle d’escalier du clocher.
La restauration radicale de 1877-1878, financée par la comtesse des Courtils, transforme profondément l’intérieur. La nef, initialement lambrissée, est divisée en six travées voûtées d’ogives néogothiques, tandis que le chœur, les chapelles et le croisillon sud perdent leurs traces originales. Seuls subsistent quelques éléments romans, comme le portail et le croisillon nord. Le 18 mars 1927, le chœur, le clocher et le portail sont inscrits aux monuments historiques.
L’église abrite un mobilier remarquable, dont des fonts baptismaux et un bénitier du XVe siècle, classés en 1912, ainsi qu’un tableau attribué à Claude Vignon (XVIIe siècle), aujourd’hui conservé au Musée départemental de l’Oise. Une cloche de 1556, seule rescapée de la Révolution, et une dalle commémorative du prieur Jean Begeault (vers 1570) complètent ce patrimoine. Le prieuré adjacent, transformé en ferme, rappelle les liens historiques avec l’abbaye du Bec.
Architecturalement, l’édifice se singularise par son clocher roman, transition unique entre un étage carré et un étage octogonal via des glacis. Les baies du premier étage, ornées de pointes-de-diamant et de dents de scie, contrastent avec la simplicité des chapiteaux. Malgré les restaurations controversées, l’église conserve des traces de son passé médiéval, comme la baie romane du croisillon nord ou les contreforts plats du chœur.
Aujourd’hui, l’église Saint-Étienne reste un témoignage des évolutions architecturales du Vexin, mêlant roman primitif, gothique flamboyant et interventions du XIXe siècle. Son histoire reflète aussi les liens entre pouvoir religieux (abbaye du Bec), seigneurial (chapelle Notre-Dame des Neiges) et communal (restauration par une mécène locale).