Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L'église Saint-Étienne de Briare, située au cœur de la ville de Briare (Loiret, Centre-Val de Loire), présente un parti pris architectural romano-byzantin coiffé d'un clocher néo-gothique. Sa façade et ses pignons sont ornés de mosaïques dessinées par Eugène Grasset et réalisées par la Manufacture des émaux de Briare. L'édifice évoque l'architecture médiévale à l'intérieur, avec triplets, coupoles, fenêtres à colonnettes et supports gothiques à pilastres cannelés, ainsi que des chapiteaux sculptés. Construit sous la direction de René Dusserre, élève de Viollet-le-Duc, il constitue un prototype néo-roman relativement rare à une époque où le néo-gothique dominait les nouvelles constructions religieuses. L'église occupe un terrain central entre la place de la République, la rue Saint-Roch, la rue des Grands-Jardins et la rue Jeanne-d'Arc, à proximité de la route départementale 957 et de la rive droite de la Loire, dans la région naturelle du Giennois ; elle est desservie par la ligne 3 du réseau d'autocars Ulys et dépend de la zone pastorale du Gâtinais et du Giennois du diocèse d'Orléans. Son origine remonte à une chapelle du VIe siècle, déjà décorée de mosaïques et dédiée à saint Étienne, devenue par la suite une église du XIIIe siècle d'une capacité d'environ mille personnes. Après les dégâts causés par la crue de la Loire de 1856 et face à l'essor de la ville lié à la manufacture des émaux, l'ancienne église fut démolie pour laisser place à une nouvelle construction financée en grande partie par des héritiers de Jean-Félix Bapterosses, suite à un engagement pris en 1886 et des formalités administratives prolongées ; les travaux débutèrent en 1890, l'édifice fut inauguré en 1895 et cédé ensuite à la commune pour un franc symbolique, avec l'attribution de deux tribunes à la famille Bapterosses. L'église est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1987. Le plan repose sur une croix latine à deux croisillons ; la large nef, longue de 50 mètres et haute de 12 mètres, est soutenue par des colonnes ornées de motifs profanes. Parmi les chapiteaux, l'un est dédié à l'industrie et représente une jeune femme composant une mosaïque, décorée de colliers de perles provenant de la manufacture. Paul Pigelet notait à propos de l'édifice qu'il ne lui manquait qu'« le ciel d'Orient ». La flèche, d'une grande élévation culminant à 56 mètres, domine l'ensemble. L'intérieur se distingue par un vaste tapis de mosaïque en émaux de Briare, dessiné par Eugène Grasset et exécuté par les ouvriers de la Manufacture. Les vitraux, réalisés par Félix Gaudin d'après des cartons d'Eugène Grasset, comportent des motifs inhabituels pour une église, notamment des signes du zodiaque. Le mobilier comprend un chemin de croix sculpté par Fabio Stecchi en 1904 ; une statue de saint Étienne sculptée par Louis Dideron donnée dans les années 1950 ; et les statues de saint Roch et de saint Louis des autels du transept, œuvres de Robert Souvigny, artiste autodidacte actif dans la vie artistique du Briare d'après-guerre. Un nouvel autel, intégrant une pierre reliquaire consacrée par Monseigneur Félix Dupanloup et orné de mosaïques en émaux de Briare par Olivier Delhoume, a été béni en 1996.