Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L’église Saint-Étienne de Corbeil-Essonnes, dédiée au martyr Étienne, trouve ses origines au Xe siècle, comme en témoigne une citation de Suger de Saint-Denis en 1121 évoquant son existence depuis deux cents ans. À l’époque, elle appartenait à Anseau de Garlande sous le règne de Louis VI, avant d’être cédée au prieuré de Gournay-sur-Marne puis à l’abbaye de Cluny. Les parties les plus anciennes, comme la base du clocher et le portail, datent du XIe siècle, tandis que le chœur et le rehaussement du clocher furent réalisés au XIIIe siècle. L’édifice, situé sur l’ancienne commune d’Essonnes, en bordure de la route nationale 7, fut marqué par des dommages collatéraux, notamment en 1628 lors de l’explosion du moulin à poudre voisin.
Au XIXe siècle, sous le Second Empire, le chœur fut restauré, et l’église fut classée monument historique le 25 mars 1930. Une découverte majeure eut lieu en 2011 : une fresque du XVe siècle, s’étendant sur 300 m2, fut mise au jour sous un crépi lors de travaux. Représentant des anges musiciens et probablement un jugement dernier, cette œuvre en rouge et ocre, endommagée aux XVIIIe ou XIXe siècles, fut qualifiée d’« exceptionnelle » par les Monuments historiques. La cloche en bronze de 1784, classée en 1944, complète ce patrimoine remarquable, mêlant architecture romane, gothique et décors médiévaux préservés.
L’édifice allie aujourd’hui des éléments des XIe, XIIIe et XVe siècles : un portail et une base de clocher romans, un chœur gothique à trois vaisseaux, et une nef sans transept partiellement du XIIe siècle. Parmi ses trésors, une toile illustrant la lapidation de saint Étienne et des traces de peintures du XVe siècle sur la charpente rappellent son riche passé. La fresque de la voûte, en cours de restauration, pourrait couvrir l’intégralité de la nef et du chœur, descendant même le long des murs, offrant un témoignage rare de l’art religieux médiéval en Île-de-France.