Frise chronologique
Xe siècle
Origines supposées
Origines supposées
Xe siècle (≈ 1050)
Première mention par Suger en 1121
XIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIe siècle (≈ 1150)
Base et portail romans encore visibles
XIIIe siècle
Construction du chœur
Construction du chœur
XIIIe siècle (≈ 1350)
Rehaussement du clocher inclus
1628
Explosion du moulin
Explosion du moulin
1628 (≈ 1628)
Dégâts collatéraux à l’église
25 mars 1930
Classement MH
Classement MH
25 mars 1930 (≈ 1930)
Protection de l’édifice entier
10 mars 2011
Découverte de la fresque
Découverte de la fresque
10 mars 2011 (≈ 2011)
Œuvre du XVe siècle mise au jour
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 25 mars 1930
Personnages clés
| Suger de Saint-Denis - Abbé et chroniqueur |
Cite l’église en 1121 |
| Anseau de Garlande - Propriétaire sous Louis VI |
Possédait l’église au XIIe siècle |
| Louis VI - Roi de France |
Règne durant la propriété d’Anseau |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Corbeil-Essonnes, dédiée au martyr Étienne, trouve ses origines au Xe siècle, comme en témoigne une citation de Suger de Saint-Denis en 1121 évoquant son existence depuis deux cents ans. À l’époque, elle appartenait à Anseau de Garlande sous le règne de Louis VI, avant d’être cédée au prieuré de Gournay-sur-Marne puis à l’abbaye de Cluny. Les parties les plus anciennes, comme la base du clocher et le portail, datent du XIe siècle, tandis que le chœur et le rehaussement du clocher furent réalisés au XIIIe siècle. L’édifice, situé sur l’ancienne commune d’Essonnes, en bordure de la route nationale 7, fut marqué par des dommages collatéraux, notamment en 1628 lors de l’explosion du moulin à poudre voisin.
Au XIXe siècle, sous le Second Empire, le chœur fut restauré, et l’église fut classée monument historique le 25 mars 1930. Une découverte majeure eut lieu en 2011 : une fresque du XVe siècle, s’étendant sur 300 m2, fut mise au jour sous un crépi lors de travaux. Représentant des anges musiciens et probablement un jugement dernier, cette œuvre en rouge et ocre, endommagée aux XVIIIe ou XIXe siècles, fut qualifiée d’« exceptionnelle » par les Monuments historiques. La cloche en bronze de 1784, classée en 1944, complète ce patrimoine remarquable, mêlant architecture romane, gothique et décors médiévaux préservés.
L’édifice allie aujourd’hui des éléments des XIe, XIIIe et XVe siècles : un portail et une base de clocher romans, un chœur gothique à trois vaisseaux, et une nef sans transept partiellement du XIIe siècle. Parmi ses trésors, une toile illustrant la lapidation de saint Étienne et des traces de peintures du XVe siècle sur la charpente rappellent son riche passé. La fresque de la voûte, en cours de restauration, pourrait couvrir l’intégralité de la nef et du chœur, descendant même le long des murs, offrant un témoignage rare de l’art religieux médiéval en Île-de-France.