Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L’église Saint-Étienne de Dijon, fondée au XIe siècle par l’abbé Garnier de Mailly, est un édifice marqué par plusieurs campagnes de reconstruction majeures. Au XVe siècle, sous l’abbatiat de Richard Chambellan (1477–1495), elle fut reconstruite après l’effondrement de son clocher en 1487, qui détruisit une grande partie de la structure. Seuls le chœur et la croisée du transept, avec leurs voûtes ogivales, subsistent de cette période. Les travaux, menés à partir de 1488, durèrent sept ans, transformant profondément l’édifice.
Au XVIIe siècle, un nouvel effondrement des voûtes de la nef en 1671 imposa une reconstruction partielle sous la direction de l’abbé Fyot. Les murs et piliers de la nef et des transepts, jugés trop endommagés, furent abattus et reconstruits dans un style gothique. Une sacristie fut ajoutée au transept sud, tandis que le chœur, la croisée du transept et le clocher du XVe siècle furent conservés. Les armes de l’abbé Fyot, sculptées dans les voûtes, datent de cette époque. L’église fut rebénie en 1676 et solennellement consacrée en 1685 par Étienne Le Camus, évêque de Grenoble.
Le XVIIIe siècle marqua une phase d’embellissement sous l’abbé Claude Fyot (mort en 1721), avec la construction d’une façade classique de style jésuite entre 1718 et 1723, conçue par l’architecte Martin de Noinville. Jean-Baptiste Bouchardon réalisa des sculptures pour la façade, dont un tympan représentant la lapidation de saint Étienne (aujourd’hui à la cathédrale Saint-Bénigne). Des bustes des douze Apôtres, sculptés par Jean Dubois, ornaient initialement les piliers de la nef. L’église devint cathédrale de Dijon de 1731 à 1792, avant d’être désaffectée à la Révolution.
Désacralisée au XIXe siècle, l’église servit successivement de halle aux grains, de bourse de commerce (1899), et de magasin pour les décors du Grand Théâtre. Au XXe siècle, elle abritait le musée Rude (à partir de 1947) et des espaces culturels. En 2007, après le départ de la Chambre de commerce, elle accueillit la bibliothèque Colette (ex-Nef) et des services documentaires du musée des Beaux-Arts. Des fouilles dans les sous-sols du chœur ont révélé des vestiges du castrum gallo-romain de Dijon.
Classée monument historique dès 1862, l’église Saint-Étienne illustre les évolutions architecturales et fonctionnelles d’un édifice religieux, passant d’abbatiale médiévale à espace culturel contemporain. Son histoire reflète les bouleversements politiques et urbains de Dijon, de sa fondation monastique à sa réaffectation patrimoniale.