Frise chronologique
1019
Fondation de la collégiale
Fondation de la collégiale
1019 (≈ 1019)
Établie par le chapitre de Bourges.
1er quart XIIe siècle
Construction des parties romanes
Construction des parties romanes
1er quart XIIe siècle (≈ 1225)
Chœur, déambulatoire, chapelles rayonnantes.
1397
Construction du clocher-porche
Construction du clocher-porche
1397 (≈ 1397)
Financé par les habitants, par Pasquault.
1601
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1601 (≈ 1601)
Reconstruction partielle sans flèche.
XVe–XVIe siècles
Ajout de chapelles latérales
Ajout de chapelles latérales
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Incendies lors des guerres de Religion.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AV 69) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Pasquault - Maître d’œuvre |
Constructeur du clocher-porche en 1397. |
| Monseigneur de Busseroles - Curé et peintre |
Auteur des peintures à la cire (1864). |
| Jean Bengy - Bourgeois donateur |
Finance la chapelle Notre-Dame-de-Lorette (1529). |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Dun-sur-Auron, fondée en 1019 par le chapitre de Bourges, est une ancienne collégiale dont les parties les plus anciennes (chœur, déambulatoire, chapelles rayonnantes) datent du 1er quart du XIIe siècle. Son plan atypique, avec un large déambulatoire rare en Berry, s’explique par sa proximité avec le Grand Chemin Royal de Bourges à Lyon, voie médiévale empruntée par pèlerins, marchands et routiers. La pierre locale, un calcaire ferrugineux rougeâtre, confère à l’édifice une teinte distinctive, tandis que les chapiteaux, sculptés dans de la pierre de Charly, mêlent motifs végétaux et figures monstueuses inspirées du Poitou.
Au XIVe siècle, d’importants travaux transforment l’église : le clocher-porche est érigé en 1397 par le maître d’œuvre Pasquault, financé par les habitants, et les voûtes d’ogives remplacent le berceau roman. Les XVe et XVIe siècles voient l’ajout de chapelles latérales et axiale, mais l’édifice subit des dommages lors des guerres de Religion (incendies en 1562, 1568, 1569, 1589/1590), nécessitant des réfections. Au XVIIe siècle, un incendie en 1601 endommage le clocher, reconstruit sans sa flèche originale. Classée Monument Historique dès 1840, l’église bénéficie de restaurations au XIXe siècle, dont des peintures à la cire dans la chapelle absidiale.
L’architecture intérieure révèle un plan clair : une nef de cinq travées, un chœur à déambulatoire, et trois chapelles rayonnantes aux chapiteaux historiés (scènes bibliques, animaux symboliques comme l’éléphant ou l’âne à la lyre). Les influences poitevines et saintongeaises y sont palpables, notamment dans les modillons et les arcatures. Les chapelles latérales, ajoutées entre XVe et XVIIe siècles, abritent des retables de transition gothique-Renaissance, des fresques (dont une Vierge de Lorette épargnée par les incendies), et des vitraux partiellement reconstruits après les destructions huguenotes. Le clocher-porche, réparé après 1569 et restauré en 2002, conserve une porte trilobée altérée au XVIIIe siècle pour faciliter les processions.
L’édifice illustre aussi les mutations liturgiques : le jubé est abattu en 1737 pour « éclaircir » l’espace, tandis que les orgues, installées dès 1630, sont remplacées en 1858 et restaurées en 1974 et 1998. Les chapelles reflètent la vie locale, comme celle des bouchers (écusson aux couteaux et tête de bœuf) ou des tailleurs de pierre (marteaux en clé de voûte). La statue de sainte Solange, patronne du Berry, rappelle l’ancrage régional de ce monument, témoin des pèlerinages, des conflits religieux et de l’art roman en transition vers le gothique.