Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L’église Saint-Étienne de Maringues, située dans le Puy-de-Dôme, est un édifice aux influences romanes et gothiques, marqué par une histoire monastique complexe. Fondée vers 1050 par Saint-Robert, fondateur de l’abbaye de la Chaise-Dieu, elle était initialement un prieuré bénédictin rattaché à ce monastère jusqu’à la Révolution. L’église, avant 1789, était desservie par une communauté de prêtres sous l’autorité du prieur local, qui nommait également le curé. Son architecture mêle des éléments romanes (abside, déambulatoire, absidioles) et des ajouts gothiques ou postérieurs, comme les chapelles sud de la fin du XVe siècle ou les restaurations des XVIIIe et XIXe siècles.
La structure originale a subi plusieurs transformations majeures. En 1720, l’effondrement du clocher et des voûtes entraîne une reconstruction partielle entre 1726 et 1733, avec des travaux dirigés par les entrepreneurs Ravidat et Gironde. Au XIXe siècle, le clocher est à nouveau reconstruit (1861-1864) sous la direction de l’architecte A. Ledru, tandis que des peintures murales, réalisées par Belli d’après les projets d’Émile Thibaud, embellissent l’intérieur. D’autres interventions, comme la réfection du pavage en 1887 ou la restauration de la flèche en 1930-1931, témoignent d’une maintenance continue. Classée monument historique en 1991, l’église conserve des matériaux variés (arkose, andésite, tuiles, ardoises) et des voûtes caractéristiques (ogives, berceau, coupole).
L’édifice illustre aussi l’évolution des techniques constructives et des usages liturgiques. Les parties les plus anciennes (chœur, déambulatoire) datent du XIIe siècle, tandis que la nef et les bas-côtés, d’origine gothique (XVe siècle), ont été largement remaniés aux XVIIIe et XIXe siècles. Le clocher actuel, de style moderne, remplace un clocher-porche médiéval détruit en 1720. Les matériaux utilisés — arkose pour les parties romanes, andésite pour les ajouts postérieurs — reflètent les ressources locales et les périodes de construction. L’église, propriété de la commune, reste un témoignage architectural et historique majeur de la région Auvergne-Rhône-Alpes, lié à l’héritage bénédictin et aux transformations urbaines de Maringues.