Frise chronologique
Fin XIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Style gothique primitif, donation à l'abbaye d'Hérivaux.
Début XIIIe siècle
Achèvement de l'abside
Achèvement de l'abside
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Transition vers le gothique rayonnant.
Fin XVe siècle
Revoûtement flamboyant
Revoûtement flamboyant
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Ajout d'arcs-boutants et voûtes complexes.
1774
Installation du lambris
Installation du lambris
1774 (≈ 1774)
Masquage des chapiteaux sculptés.
1793
Fonte de la cloche Jeanne Thérèse
Fonte de la cloche Jeanne Thérèse
1793 (≈ 1793)
Période révolutionnaire, culte interdit.
8 décembre 1933
Classement monument historique
Classement monument historique
8 décembre 1933 (≈ 1933)
Protection de l'édifice par l'État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 8 décembre 1933
Personnages clés
| Maurice de Sully - Évêque de Paris (1160-1196) |
Donateur de l'église à l'abbaye d'Hérivaux. |
| Ascelin de Marly - Seigneur local, fondateur |
Fonda l'abbaye d'Hérivaux liée à l'église. |
| Abbé Jean Lebeuf - Historien du XVIIIe siècle |
Qualifia l'église de plus belle du diocèse. |
| Marcel Aubert - Architecte-historien (XXe siècle) |
Étudia l'église dans le *Bulletin monumental*. |
| Ferdinand de Guilhermy - Baron, épigraphiste |
Documenta les inscriptions et dalles funéraires. |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Marly-la-Ville, située dans le Val-d'Oise, est un édifice religieux dont la construction débute à la fin du XIIe siècle dans un style gothique primitif. La majeure partie de l'édifice, achevée au XIIIe siècle, reflète le gothique rayonnant, avec une nef élancée, un triforium et des baies hautes. Son architecture ambitieuse, incluant une élévation à trois niveaux et une abside à deux rangs de fenêtres, est rare pour une église rurale. Une chapelle au chevet du bas-côté sud, aux murs en hémicycle, rappelle des modèles du nord-est de la France.
À la fin du XVe siècle, la nef est revoûtée dans un style flamboyant après l'effondrement partiel des murs latéraux, incapables de résister à la poussée des voûtes originales. En 1774, un lambris de demi-revêtement est installé, masquant une partie des chapiteaux sculptés. L'église, classée monument historique en 1933, conserve des traces de ses transformations, comme les arcs-boutants déformés au sud ou les voûtes flamboyantes aux nervures complexes.
La paroisse de Marly-la-Ville est érigée à la fin du XIIe siècle, lorsque Maurice de Sully, évêque de Paris, donne l'église à l'abbaye d'Hérivaux. Ce lien avec l'abbaye, fondée par un seigneur local, Ascelin de Marly, perdure jusqu'à la Révolution. L'église, dédiée à saint Étienne, dépendait initialement du diocèse de Paris avant d'être rattachée à celui de Versailles en 1790, puis à Pontoise en 1966. Son histoire reflète les évolutions religieuses et administratives de la région.
L'intérieur de l'église offre un bel exemple d'élévation gothique rayonnante, avec des arcades en tiers-point, un faux triforium et des fenêtres hautes en oculi. Les voûtes flamboyantes de la nef, ajoutées à la fin du XVe siècle, contrastent avec les structures originales du XIIIe siècle. Les chapiteaux, partiellement mutilés en 1774, et les boiseries ajoutées à cette époque témoignent des modifications esthétiques et fonctionnelles subies par l'édifice.
Le mobilier de l'église inclut quatre éléments classés monuments historiques, dont deux dalles funéraires des XVIIe et XVIIIe siècles et une statue de la Vierge à l'Enfant du début du XVIIIe siècle. Ces objets, ainsi que la cloche Jeanne Thérèse fondue en 1793, illustrent l'importance patrimoniale et religieuse du lieu. Les dalles funéraires, souvent martelées pendant la Révolution, rappellent le contexte social et politique tumultueux de l'époque.
L'église Saint-Étienne, avec son clocher intégré et ses chapelles latérales, reste un témoignage architectural majeur du gothique en Île-de-France. Son classement en 1933 et sa conservation permettent d'étudier les évolutions stylistiques et les techniques de construction médiévales, tout en offrant un aperçu de la vie paroissiale et des pratiques funéraires locales.