Frise chronologique
IXe siècle
Mention du monastère bénédictin
Mention du monastère bénédictin
IXe siècle (≈ 950)
Premières traces écrites de Saint-Étienne de Cabaret
XIIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIIe siècle (≈ 1250)
Base octogonale et ouvertures géminées
1594
Première mention du carillon
Première mention du carillon
1594 (≈ 1594)
Achat d’une cloche par la communauté
XVIe siècle
Reconstruction de l’édifice
Reconstruction de l’édifice
XVIe siècle (≈ 1650)
Nef et chapelles actuelles
17 février 1926
Classement du clocher
Classement du clocher
17 février 1926 (≈ 1926)
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : inscription par arrêté du 17 février 1926
Personnages clés
| Raymond Baron - Prêtre |
Pierre tombale dans la nef |
| Pierre Grassi - Prieur du Mas |
Auteur de l’épitaphe de Raymond Baron |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Mas-Cabardès, située dans le département de l'Aude en région Occitanie, trouve ses origines au XIIe siècle, bien que l’édifice actuel date majoritairement du XVIe siècle. Elle aurait été construite sur l’emplacement d’un ancien monastère bénédictin, Saint-Étienne de Cabaret, mentionné dès le IXe siècle dans les écrits. Ce lieu de culte incarne ainsi une continuité religieuse millénaire dans la région du Cabardès, marquée par une présence monastique précoce.
Le clocher octogonal, élément le plus ancien de l’édifice, repose sur une base carrée et présente une double rangée d’ouvertures géminées, caractéristiques d’un style roman tardif. Il a été inscrit au titre des monuments historiques en 1926, soulignant sa valeur patrimoniale. Les colonnettes et archivoltes des baies jumelées, en pierre de taille, suggèrent des réemplois de vestiges plus anciens, tandis que des arcs-boutants soutiennent le mur ouest, témoignant d’adaptations architecturales ultérieures. Une tour rectangulaire, abritant un escalier à vis, lui est accolée, renforçant son aspect défensif.
L’intérieur de l’église abrite plusieurs œuvres remarquables, reflétant des périodes variées. Dans la chapelle Notre-Dame-de-la-Barthe, une statue de la Vierge datant de la fin du XVe siècle côtoie un retable du XVIe siècle et une voûte à liernes et tiercerons. La nef conserve une pierre tombale du prêtre Raymond Baron, gravée d’une épitaphe morale par le prieur Pierre Grassi, tandis que la chapelle Saint-Roch expose un autel en marbre de Caunes et un tabernacle en bois doré du XVIIIe siècle. Un tableau anonyme du XVIIe siècle, représentant la lapidation de saint Étienne, orne le fond de l’édifice.
Le carillon de l’église, composé de dix cloches (dont deux de 1857, sept de 1884 et une de 1984), joue un rôle central dans la vie communautaire depuis des siècles. Dès 1594, des archives attestent de l’achat d’une cloche par la communauté du Mas, illustrant son ancrage dans les traditions locales. Ce carillon, rythmant messes, mariages et enterrements, constitue un patrimoine immatériel aussi précieux que les pierres de l’édifice.
L’église Saint-Étienne, par son architecture composite et ses richesses artistiques, incarne à la fois l’héritage médiéval du Cabardès et les évolutions stylistiques des XVIe au XVIIIe siècles. Son clocher, symbole de la persistance du sacré dans le paysage, et ses éléments défensifs rappellent aussi les tensions historiques de cette région frontalière entre influences occitanes et royales.