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Église Saint-Étienne de Mortagne-sur-Gironde en Charente-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise

Église Saint-Étienne de Mortagne-sur-Gironde

    Le Bourg
    17120 Mortagne-sur-Gironde
Propriété de la commune
Église Saint-Étienne de Mortagne-sur-Gironde
Église Saint-Étienne de Mortagne-sur-Gironde
Crédit photo : Cobber17 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
20–21 septembre 2025
Effondrement partiel
XIIe siècle
Origines romanes
XVe siècle
Modifications gothiques
1560–1598 (Guerres de religion)
Destructions par Agrippa d'Aubigné
1769
Restauration majeure
1859
Construction du clocher-porche
6 mars 1987
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapiteaux du transept (cad. AB 245) : inscription par arrêté du 6 mars 1987

Personnages clés

Agrippa d'Aubigné - Chef protestant Responsable de l’incendie pendant les Guerres.
Martin Blondeau - Tailleur de pierre Dirige la restauration de 1769.
Gustave Alaux - Architecte néogothique Conçoit le clocher-porche en 1859.
Aristide Belloc - Sculpteur Réalise les sculptures du clocher.
Aimé Bonnet - Architecte Reprend le clocher en 1870.

Origine et histoire

L'église Saint-Étienne de Mortagne-sur-Gironde trouve ses origines au XIIe siècle, bien que peu d'éléments de cette époque subsistent aujourd’hui, à l’exception de pans de murs du chevet et du transept, ainsi que des chapiteaux historiés dans les croisillons. Ces vestiges, inscrits aux monuments historiques, témoignent de son importance médiévale. À cette époque, elle partageait le rôle d’église paroissiale avec Notre-Dame, aujourd’hui disparue, et abritait un prieuré augustinien superviseur de plusieurs paroisses environnantes comme Cozes ou Gémozac. Son histoire est marquée par les destructions des Guerres de religion, notamment un incendie et un pillage attribués aux troupes d’Agrippa d’Aubigné, nécessitant une reconstruction partielle après les conflits.

Au XVIIIe siècle, l’édifice, en mauvais état, bénéficie d’une campagne de restauration menée à partir de 1769 par le tailleur de pierre Martin Blondeau et le charpentier Daniel Maurice. Le XIXe siècle voit un projet ambitieux : la construction d’un nouveau clocher-porche, conçu comme un amer pour les navigateurs de la Gironde. Deux architectes s’affrontent sur le style à adopter : Gustave Alaux, partisan du néogothique, l’emporte face à Antoine Brossard, défenseur du néoclassicisme. Le clocher, édifié en 1859 en pierre de Bourg et couronné d’une flèche, est repris en 1870 par Aimé Bonnet, tandis qu’Aristide Belloc réalise les sculptures. La nef, voûtée en anse de panier en ciment armé, remplace un ancien lambris, et des vitraux colorés des ateliers Dagrant (1889) éclairent l’intérieur.

L’église, de plan en croix latine, conserve des traces de son passé médiéval, comme les chapiteaux du transept représentant des animaux affrontés ou des entrelacs. Une crypte supposé sous le croisillon nord, liée selon la tradition à des compagnons de Charlemagne, et des sépultures de religieux et notables locaux sous les dalles, rappellent son rôle funéraire et communautaire. Le mobilier, incluant un retable Louis XVIII, une chaire Louis XIII et une statuaire majoritairement du XIXe siècle, reflète les évolutions artistiques et liturgiques. Classée monument historique en 1987, l’église subit cependant un effondrement partiel en septembre 2025, rappelant sa fragilité.

L’architecture actuelle mêle ainsi des éléments romans (faisceaux de colonnes de la croisée du transept), gothiques (moulures et chapiteaux du XVe siècle dans le bras sud) et modernes (voûte du XIXe siècle). Le clocher-porche, symbole de la ville, illustre l’adaptation de l’édifice aux besoins locaux, entre patrimoine religieux et utilité maritime. Les travaux du XIXe siècle, comme l’allongement de la nef ou l’aplatissement de l’abside, ont profondément transformé sa structure, tout en préservant des traces de ses phases antérieures.

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