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Frise chronologique
1020
Fondation du prieuré clunisien
Fondation du prieuré clunisien
1020 (≈ 1020)
Origine médiévale du site religieux initial.
1749
Diagnostic de vétusté
Diagnostic de vétusté
1749 (≈ 1749)
L’archevêque de Besançon constate l’état critique.
1772
Début des délibérations
Début des délibérations
1772 (≈ 1772)
Choix de reconstruire plutôt que réparer.
8 juillet 1782
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
8 juillet 1782 (≈ 1782)
Lancement officiel du chantier par Amoudru.
28 octobre 1787
Bénédiction de l’église
Bénédiction de l’église
28 octobre 1787 (≈ 1787)
Achèvement et consécration du nouvel édifice.
9 décembre 1946
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
9 décembre 1946 (≈ 1946)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 9 décembre 1946
Personnages clés
| Anatole Amoudru - Architecte |
Concepteur de l’église-halle, mandaté par les Eaux et Forêts. |
| Jean-Baptiste Thiery - Ingénieur des ponts et chaussées |
Auteur d’un premier projet abandonné en 1772. |
| Gabriel Miroudot de Saint-Ferjeux - Subdélégué de Vesoul |
Supervise les expertises et projets initiaux. |
| Jean Deschamp - Entrepreneur initial |
Premier responsable des travaux, remplacé en 1785. |
| Pambet - Architecte successeur |
Reprend le chantier après 1785 jusqu’à l’achèvement. |
| Xavier Hecht - Peintre |
Auteur de trois tableaux du chœur toujours en place. |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Port-sur-Saône remplace un prieuré clunisien fondé en 1020, rattaché aux jésuites de Vesoul en 1658. Au XVIIIe siècle, l’ancienne église, jugée vétuste et exiguë, menace de s’effondrer. En 1749, un chanoine de Vesoul confirme son état critique, et des réparations provisoires sont entreprises. Malgré ces travaux, la nef, étayée, devient inutilisable, contraignant les offices à se tenir dans une chapelle attenante. La croissance démographique de Port-sur-Saône rend indispensable une solution durable.
Entre 1772 et 1775, la communauté locale, soutenue par le subdélégué de Vesoul, Gabriel Miroudot de Saint-Ferjeux, opte pour une reconstruction totale plutôt que des réparations. Le site initial est abandonné au profit d’un emplacement central dans le bourg, nécessitant l’acquisition et la démolition de maisons. Un premier projet de l’ingénieur Jean-Baptiste Thiery, prévu pour 2 120 personnes, est écarté. Le financement est assuré en 1776 grâce à la vente d’une partie des bois communaux, permettant de relancer le chantier sous la direction de l’architecte Anatole Amoudru, mandaté par la maîtrise des Eaux et Forêts.
Les travaux, adjugés en 1781 à l’entrepreneur Jean Deschamp, débutent officiellement avec la pose de la première pierre le 8 juillet 1782. Des retards, liés notamment aux aménagements de la route royale Paris-Bâle et à des conflits avec Deschamp, conduisent à son remplacement par l’architecte Pambet en 1785. L’église est achevée en 1787 et bénie le 28 octobre de la même année. Son architecture, de type église-halle, se distingue par une façade monumentale à arcs concaves, huit pilastres doriques, et un clocher carré couvert d’un toit à l’impériale. L’intérieur, composé de trois nefs d’égale hauteur, est orné de boiseries Louis XVI et de retables du XVIIIe siècle.
L’édifice est inscrit aux monuments historiques le 9 décembre 1946. Au XIXe siècle, des interventions de consolidation (colonnes, toitures, escalier) sont menées par les architectes Renahy, Humbert et Humbaire. L’horloge, installée en 1877, provient de l’usine Crétin-l’Ange de Morbier. L’église reste un témoignage majeur de l’art religieux des Lumières en Franche-Comté, alliant fonctionnalité communautaire et ambition architecturale.
L’ancienne église médiévale, enchâssée dans un prieuré clunisien, était devenue inadaptée dès le XVIIIe siècle. Son abandon au profit d’un nouvel édifice reflète les mutations démographiques et urbaines de Port-sur-Saône, ainsi que l’influence des institutions ecclésiastiques et royales. La reconstruction s’inscrit aussi dans le contexte de la gestion forestière royale, la Franche-Comté étant intégrée après le traité de Nimègue (1678) à la « Grande maîtrise des eaux et forêts des Duché et Comté de Bourgogne ».
L’architecte Anatole Amoudru, figure clé du projet, conçoit une église-halle parmi les plus monumentales de la région. Son plan initial, modifié pour des raisons budgétaires, supprime une travée et recentre l’édifice sur un terrain acquis après négociations. Les artisans locaux, comme le peintre Xavier Hecht et le sculpteur Ferjeux Frelet, contribuent à la décoration intérieure, mêlant styles classique et Louis XVI. L’église incarne ainsi à la fois une réponse aux besoins paroissiaux et une vitrine du savoir-faire artistique franc-comtois.