Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L'église Saint-Étienne de Sahorre est une église catholique romane située dans les Pyrénées-Orientales, surplombant le village à 100 mètres à l'ouest. Construite au XIIe siècle ou au début du XIIIe, elle remplace un édifice plus ancien. Son clocher-tour, ajouté postérieurement, fut modifié au XVIIIe siècle pour servir d'ouvrage défensif, avec des baies partiellement comblées. L'édifice, abandonné en 1896 selon Jean-Auguste Brutails, conservait alors son carillon malgré l'effondrement de ses voûtes.
Classée monument historique en 1911, l'église présente un plan typiquement roman : une nef rectangulaire de 16,45 m de long prolongée par une abside semi-circulaire, flanquée de deux absidioles latérales invisibles depuis l'extérieur. Son architecture rappelle celle de l'église Saint-Jean de Conat et de la collégiale de Corneilla-de-Conflent. La nef, orientée ouest-est, est éclairée par des fenêtres au sud, à l'est et à l'ouest, avec une porte méridionale protégeant des vents de tramontane.
Le clocher-tour carré, haut de 19 mètres, se distingue par ses trois étages aux matériaux variés : pierre martelée pour la structure, moellons et pierre roulée pour le parement, granite pour les angles et décorations. L'étage inférieur, voûté et accessible depuis la nef, mène aux niveaux supérieurs par une trappe. Les baies géminées des étages supérieurs, en plein cintre ou en arc brisé, sont surmontées de chapiteaux non sculptés. Le toit pyramidal en ardoises, rare pour la région à l'époque, couronne l'ensemble.
L'ornementation sculptée se concentre sur l'abside, avec des arcatures extérieures en marbre blanc surmontées d'une frise en dent de scie. Une fenêtre centrale, encadrée de quatre colonnettes en marbre aux chapiteaux sculptés de motifs végétaux et animaux, illustre le savoir-faire des artisans romans. Les matériaux locaux, comme le granite, dominent la construction, reflétant les ressources disponibles dans le Conflent.
Les sources historiques, dont les travaux de Noël Bailbé et Géraldine Mallet, soulignent les similitudes architecturales entre Saint-Étienne et d'autres églises romanes du Roussillon. Le clocher, décrit comme « pauvre en décoration mais bien construit », témoigne d'une adaptation des formes romanes à des besoins défensifs, caractéristiques des zones frontalières médiévales. L'édifice, propriété communale, reste un exemple marquant du patrimoine religieux catalan.