Frise chronologique
XIIe siècle (vers 1100-1200)
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (vers 1100-1200) (≈ 1150)
Édifice roman remplacé plus ancien
Début XIIIe siècle (vers 1200-1220)
Ajout du clocher-tour
Ajout du clocher-tour
Début XIIIe siècle (vers 1200-1220) (≈ 1203)
Postérieur à la nef principale
XVIIIe siècle
Modification du clocher
Modification du clocher
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Baies comblées pour usage défensif
1896
Abandon signalé
Abandon signalé
1896 (≈ 1896)
Voûtes effondrées, carillon intact
8 juillet 1911
Classement MH
Classement MH
8 juillet 1911 (≈ 1911)
Protection au titre des monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 8 juillet 1911
Personnages clés
| Jean-Auguste Brutails - Historien et archiviste |
Signale l'abandon en 1896 |
| Noël Bailbé - Spécialiste du Roussillon |
A analysé son clocher-tour |
| Géraldine Mallet - Historienne de l'art |
A étudié les églises romanes oubliées |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Sahorre est une église catholique romane située dans les Pyrénées-Orientales, surplombant le village à 100 mètres à l'ouest. Construite au XIIe siècle ou au début du XIIIe, elle remplace un édifice plus ancien. Son clocher-tour, ajouté postérieurement, fut modifié au XVIIIe siècle pour servir d'ouvrage défensif, avec des baies partiellement comblées. L'édifice, abandonné en 1896 selon Jean-Auguste Brutails, conservait alors son carillon malgré l'effondrement de ses voûtes.
Classée monument historique en 1911, l'église présente un plan typiquement roman : une nef rectangulaire de 16,45 m de long prolongée par une abside semi-circulaire, flanquée de deux absidioles latérales invisibles depuis l'extérieur. Son architecture rappelle celle de l'église Saint-Jean de Conat et de la collégiale de Corneilla-de-Conflent. La nef, orientée ouest-est, est éclairée par des fenêtres au sud, à l'est et à l'ouest, avec une porte méridionale protégeant des vents de tramontane.
Le clocher-tour carré, haut de 19 mètres, se distingue par ses trois étages aux matériaux variés : pierre martelée pour la structure, moellons et pierre roulée pour le parement, granite pour les angles et décorations. L'étage inférieur, voûté et accessible depuis la nef, mène aux niveaux supérieurs par une trappe. Les baies géminées des étages supérieurs, en plein cintre ou en arc brisé, sont surmontées de chapiteaux non sculptés. Le toit pyramidal en ardoises, rare pour la région à l'époque, couronne l'ensemble.
L'ornementation sculptée se concentre sur l'abside, avec des arcatures extérieures en marbre blanc surmontées d'une frise en dent de scie. Une fenêtre centrale, encadrée de quatre colonnettes en marbre aux chapiteaux sculptés de motifs végétaux et animaux, illustre le savoir-faire des artisans romans. Les matériaux locaux, comme le granite, dominent la construction, reflétant les ressources disponibles dans le Conflent.
Les sources historiques, dont les travaux de Noël Bailbé et Géraldine Mallet, soulignent les similitudes architecturales entre Saint-Étienne et d'autres églises romanes du Roussillon. Le clocher, décrit comme « pauvre en décoration mais bien construit », témoigne d'une adaptation des formes romanes à des besoins défensifs, caractéristiques des zones frontalières médiévales. L'édifice, propriété communale, reste un exemple marquant du patrimoine religieux catalan.