Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de l’église romane sur substructions gallo-romaines.
1289
Fixation des limites juridictionnelles
Fixation des limites juridictionnelles
1289 (≈ 1289)
Lettre patente d’Édouard Ier intégrant la paroisse à Saint-Émilion.
1312
Union au chapitre d’Uzeste
Union au chapitre d’Uzeste
1312 (≈ 1312)
Le pape Clément V unifie le prieuré à deux collégiales.
XVIe siècle
Rénovations majeures
Rénovations majeures
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout de contreforts et reconstruction partielle du clocher.
1840
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1840 (≈ 1840)
Exhaussement après affaissement du sol par le curé Guiradeau.
1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1925 (≈ 1925)
Inscription de l’église à l’inventaire des MH.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 5 octobre 1925
Personnages clés
| Édouard Ier - Roi d’Angleterre |
Fixa en 1289 les limites de la juridiction de Saint-Émilion. |
| Clément V - Pape (1305–1314) |
Unifia en 1312 le prieuré à deux chapitres. |
| François de Ligeard - Curé (XVIIIe siècle) |
Dénonça en 1773 le manque d’entretien par les chapitres. |
| Gustave Pierre Dagrant - Maître-verrier (XIXe siècle) |
Réalisa en 1880 le vitrail axial du chevet. |
| Gaston Virebent - Artiste (XIXe siècle) |
Participe à la décoration intérieure en 1891–1892. |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-de-Lisse, située en Gironde dans le bourg éponyme, fut construite au XIIe siècle sur des substructions gallo-romaines. Elle adopte un plan en croix latine, avec une nef à trois travées voûtée en berceau, un transept aux extrémités semi-circulaires, et un chevet tréflé original, rare dans la région. Son clocher-tour roman, partiellement reconstruit aux XVIe et XIXe siècles, domine l’édifice. L’église servait à la fois de prieuré et d’église paroissiale, un statut double confirmé par des textes du XIVe siècle, notamment sous le pape Clément V, qui l’unifia en 1312 aux chapitres d’Uzeste et Villandraut.
Sous l’Ancien Régime, l’église dépendait de la juridiction de Saint-Émilion, une circonscription fixée en 1289 par Édouard Ier, roi d’Angleterre, incluant neuf paroisses voisines. Des documents médiévaux la mentionnent sous les noms Sent Estephe de Lissa (1332) ou Sanctas Stephanus de Licia (XVe siècle). Son statut de prieuré, estimé à 3 200 livres bordelaises, généra des tensions financières jusqu’à la Révolution, comme en témoigne une plainte du curé François de Ligeard en 1773, dénonçant l’absence de contributions des chapitres pour l’entretien du sanctuaire. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 1925, conserve des éléments romans remarquables, dont 64 modillons sculptés illustrant des thèmes moralisateurs, ainsi que des pierres de remploi pré-romanes, peut-être issues d’un temple gallo-romain.
La façade occidentale, remaniée au XVIe siècle, présente un portail roman encadré de deux portes aveugles, dont une subsiste. L’intérieur, redécoré en 1891-1892 dans un style néo-roman, abrite un retable doré, un vitrail de Gustave Pierre Dagrant (1880) représentant saint Étienne devant le Sanhédrin, et six stalles du XVe siècle classées en 1903, provenant de la collégiale de Saint-Émilion. Ces stalles, en noyer, sont ornées de miséricordes et d’accoudoirs sculptés de motifs grotesques ou religieux. À proximité, une croix de cimetière du XVIe siècle et les ruines de la chapelle Saint-Fort, dédiée à un saint local vénéré à Bordeaux, complètent ce patrimoine.
L’architecture mêle influences romanes (voûtes en cul-de-four, contreforts plats) et ajouts postérieurs, comme les contreforts du XVIe siècle ou la tour-clocher reconstruite en 1840 après un affaissement. Les modillons, étudiés par Léo Drouyn au XIXe siècle, dépeignent les péchés capitaux, tandis que les pierres de remploi, analogues à celles de l’église Saint-André de Cestas, suggèrent une origine païenne. L’ensemble reflète une histoire complexe, entre fonction religieuse, enjeux féodaux et restaurations modernes, tout en restant un témoignage majeur de l’art roman en Aquitaine.