Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Étienne de Saint-Étienne-de-Lugdarès en Ardèche

Ardèche

Église Saint-Étienne de Saint-Étienne-de-Lugdarès

    520 Route de Luc
    07590 Saint-Étienne-de-Lugdarès
Vpe

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1302
Origine partielle
1791
Vente du domaine abbatial
23 juin 1880
Première célébration
29 mai 1886
Consécration de l’église
1997-1998
Restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Monseigneur Bourret - Évêque de Viviers Soutien technique et financier majeur (1873)
Monseigneur Bonnet - Évêque de Viviers Célèbre la confirmation en 1880
Henri Giraud - Entrepreneur Adjudicataire des travaux (1874-1878)
Curé Vinson - Curé local Érige le chemin de croix (1879)

Origine et histoire

L’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-de-Lugdarès, dite Cathédrale de la Montagne en raison de ses dimensions exceptionnelles, est un édifice gothique érigé dans le département de l’Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Son architecture, qualifiée d’œuvre d’un architecte de premier ordre par Monseigneur Bourret, mêle granit et pierres volcaniques de couleurs variées, avec des murs bichromes. Son histoire remonte partiellement à 1302, mais sa reconstruction majeure débute au XIXe siècle, après des décennies de dégradation due au climat rigoureux du plateau ardéchois et à l’abandon post-révolutionnaire.

La construction moderne de l’église s’étale de 1860 à 1886, marquée par des défis financiers et techniques. En 1860, l’évêque de Viviers propose un projet de reconstruction, officiellement lancé en 1874 après des années de tergiversations et de collectes de fonds (dons, coupes de bois, souscriptions locales). Le cahier des charges, signé en janvier 1874, est adjugé à l’entrepreneur Henri Giraud pour 83 217 francs, mais les travaux traînent en longueur, avec des malfaçons et un remplacement de l’entrepreneur en 1878. Le clocher, estimé à 15 000 francs, est financé par des coupes de bois supplémentaires.

L’église est consacrée le 29 mai 1886, après une première célébration en 1880 (confirmation par Monseigneur Bonnet). Son mobilier, comme le maître-autel issu de l’abbaye des Chambons (Borne), et ses vitraux sont installés progressivement. En 1879, le curé Vinson érige un chemin de croix, tandis que Monseigneur Bourret supervise l’iconographie des vitraux (1885), représentant des saints locaux (Jean-François-Régis) et symboles évangéliques. Une restauration majeure a lieu en 1997-1998.

L’histoire de l’église est liée à l’abbaye des Chambons, dont les moines, chassés en 1791 après la Révolution, géraient autrefois la paroisse. La vente de leur domaine en 1791 laisse l’église à la charge des 1 689 habitants, avec un curé payé 1 500 livres par l’État. Les conditions climatiques et le manque de moyens accélèrent sa détérioration, jusqu’aux premières subventions municipales en 1842 (500 francs).

Un drame marque aussi son histoire : en 1874, la fille de deux ans de l’entrepreneur Giraud, décédée pendant les travaux, est inhumée dans l’église, sous une dalle près de l’autel latéral nord. Ce détail illustre les sacrifices et l’attachement local à ce monument, symbole de résilience communautaire face aux difficultés financières et naturelles du haut plateau ardéchois.

Liens externes