Frise chronologique
1066
Première mention écrite
Première mention écrite
1066 (≈ 1066)
Don du prieuré à la cathédrale de Nice
1492
Construction du clocher
Construction du clocher
1492 (≈ 1492)
Style roman lombard, résiste à l’incendie
1594
Incendie pendant les guerres de religion
Incendie pendant les guerres de religion
1594 (≈ 1594)
Destruction partielle par Lesdiguières
1783-1789
Reconstruction complète
Reconstruction complète
1783-1789 (≈ 1786)
Dirigée par Antoine Spinelli, consécration en 1789
1908
Classement du clocher
Classement du clocher
1908 (≈ 1908)
Protection au titre des monuments historiques
1935
Inscription de l’église
Inscription de l’église
1935 (≈ 1935)
Hors partie classée (clocher)
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : classement par arrêté du 14 janvier 1908 ; Eglise sauf partie classée : inscription par arrêté du 9 septembre 1935
Personnages clés
| Antoine Spinelli - Architecte suisse |
Conçoit la reconstruction (1784-1789) |
| Joseph Ballestre - Entrepreneur niçois |
Abandonne le chantier en 1788 |
| Jacques Bottéro - Peintre niçois |
Auteur de l’*Annonciation* (1700) |
| Évêque Valperga de Maglione - Prélat de Nice |
Ordone la reconstruction en 1783 |
| Georges Emeric et Antoine Isoard - Maîtres d’œuvre locaux |
Réparent l’église en 1613 |
| Lesdiguières - Chef militaire protestant |
Responsable de l’incendie de 1594 |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne, mentionnée dès 1066 dans une charte de donation à la cathédrale de Nice, appartient initialement à la seigneurie de Thorame-Glandevès. Son chœur gothique du XIVe siècle, aux voûtes en étoile avec nervures et liernes, est un exemple rare dans le Comté de Nice, comparable à celui de l’église Saint-Véran d’Utelle (début XVIe siècle). Le clocher roman lombard, daté de 1492, survit à l’incendie de 1594 allumé par les troupes de Lesdiguières pendant les guerres de religion, qui détruit l’église et une partie du village. Seul le clocher résiste, permettant la poursuite du culte dans les chapelles environnantes.
La reconstruction débute en 1613 avec les maîtres d’œuvre locaux Georges Emeric et Antoine Isoard, chargés de réparer les arcades effondrées et de consolider les murs. En 1783, l’évêque de Nice Valperga de Maglione, consterné par l’état de l’édifice, ordonne sa démolition et sa reconstruction sous peine de sanctions. La communauté, réticente devant les coûts, cède finalement en 1784 après l’envoi d’une troupe militaire. Les plans sont confiés à l’architecte suisse Antoine Spinelli, contrôlés par Antonio Maria Lampo, et les travaux adjugés à Joseph Ballestre pour 16 490 lires. Retards et conflits (mauvaise qualité des matériaux, abandon du chantier en 1788) repoussent l’achèvement à 1789, année de la consécration.
La façade baroque, transition vers le néoclassique, se distingue par ses pilastres doriques et ioniques, son fronton triangulaire, et ses volutes latérales. À l’intérieur, une vaste travée centrale est surmontée d’une calotte décorée d’une Assomption attribuée à Emmanuel Costa (XIXe siècle). Le mobilier inclut un maître-autel baroque de 1669 et une toile de l’Annonciation (1700) par Jacques Bottéro. L’orgue Agati (1829), restauré en 1997, et le clocher (classé en 1908) complètent ce patrimoine protégé, l’église étant inscrite depuis 1935.
Les sources soulignent les influences architecturales mixtes (gothique niçois, baroque piémontais, néoclassique) et les tensions historiques liées aux reconstructions. Les archives mentionnent aussi un musée d’Art Religieux abrité dans l’édifice, ainsi que des objets classés répertoriés par la base Palissy.