Frise chronologique
709
Fondation de l'abbaye bénédictine
Fondation de l'abbaye bénédictine
709 (≈ 709)
Fondation par Wulfoad à Godonécourt.
XIIe siècle
Changement de vocable
Changement de vocable
XIIe siècle (≈ 1250)
Dédiée à saint Étienne après apport de reliques.
1503-1543
Agrandissement de l'église
Agrandissement de l'église
1503-1543 (≈ 1523)
Extension vers l'est financée par le duc de Lorraine.
1554-1564
Réalisation du sépulcre
Réalisation du sépulcre
1554-1564 (≈ 1559)
Œuvre de Ligier Richier en pierre d'Euville.
1791
Division de la paroisse
Division de la paroisse
1791 (≈ 1791)
Création de la paroisse Saint-Michel.
1821-1825
Démolition de la basse-nef
Démolition de la basse-nef
1821-1825 (≈ 1823)
Reconstruction de la façade et du clocher.
27 août 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
27 août 1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l'édifice et du sépulcre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Etienne : classement par arrêté du 27 août 1907
Personnages clés
| Wulfoad - Comte austrasien |
Fonda l'abbaye bénédictine en 709. |
| Smaragde - Abbé de Saint-Michel |
Rapprocha l'abbaye du village en 819. |
| Thierry le Grand - Évêque de Verdun |
Confirma les dons en 1067. |
| Antoine le Bon - Duc de Lorraine |
Finança l'agrandissement en 1500. |
| Ligier Richier - Sculpteur lorrain |
Auteur du sépulcre (1554-1564). |
| Augustin-Simon Viller - Conducteur des Ponts et Chaussées |
Dirigea les travaux du XIXe siècle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Saint-Mihiel, initialement dédiée aux saints Cyr de Tarse et Julitte, fut fondée en 709 par le comte austrasien Wulfoad comme abbaye bénédictine sur le site de Godonécourt. En 819, l'abbé Smaragde rapprocha l'abbaye du village, et en 1067, l'évêque Thierry le Grand confirma le don des terres de l'église et de la paroisse. Elle prit le nom de Saint-Étienne au XIIe siècle après l'apport de reliques par l'abbé de Saint-Michel revenant de Rome. Les accords de 1145, 1152 et 1194 ne la désignent plus que sous ce vocable.
Entre 1500 et 1543, l'église fut agrandie vers l'est, financée par un don d'Antoine le Bon, duc de Lorraine, une levée d'impôt et un emprunt. En 1545, elle fut dédiée avec des mystères de saint Étienne. En 1707, les chapitres d'Hattonchâtel et d'Apremont y furent transférés, et elle abritait onze chanoines. La Révolution française confisqua ses revenus, et en 1791, la ville fut divisée en deux paroisses, Saint-Étienne devenant celle du Bourg. L'église fut interdite au culte en 1793, utilisée comme hôpital, puis rouverte en 1802.
Au XIXe siècle, des travaux majeurs modifièrent son apparence : la basse-nef fut démolie entre 1821 et 1825 pour améliorer la circulation, et la tour-clocher ainsi que la façade occidentale furent reconstruites. En 1840-1842, les remplages des fenêtres furent remplacés, et en 1854, la charpente fut entièrement reconstruite. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fut attribuée au culte protestant par les occupants allemands. L'église, classée monument historique en 1907, est surtout connue pour son sépulcre, chef-d'œuvre de Ligier Richier (1554-1564), représentant treize personnages en pierre d'Euville.
Architecturalement, l'église est une église-halle avec un chœur intégré, voûtée d'ogives. Elle conserve des éléments des XIIIe, XVIe et XIXe siècles, dont quatre chapelles et une tribune centrale du XIIIe siècle. Les agrandissements du XVIe siècle, dirigés par le maître charpentier Jacques de Heu, donnèrent à l'édifice sa structure actuelle, tandis que les restaurations du XIXe siècle, menées par Augustin-Simon Viller et Jean-Pierre Vierre, modernisèrent sa façade et sa tour-clocher. Les matériaux utilisés incluent l'ardoise, la tuile plate et le zinc pour les toitures.
Le sépulcre de Ligier Richier, commandé par un inconnu, est installé dans le bas-côté droit. Il représente le Christ porté par Joseph d'Arimathie et Nicodème, entouré de Marie-Madeleine, Véronique, Salomé, un ange, Marie-Cléophas, la Vierge, saint Jean, deux soldats et un centurion. Ce monument funéraire, taillé dans la pierre d'Euville, est un témoignage exceptionnel de la sculpture lorraine de la Renaissance et un élément clé du patrimoine artistique de la région.