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Frise chronologique
fin XVe siècle
Construction du chœur
Construction du chœur
fin XVe siècle (≈ 1595)
Chœur polygonal gothique et sacristie édifiés.
1559-1684
Période protestante
Période protestante
1559-1684 (≈ 1622)
Église affectée aux réformés et luthériens.
1er quart XVIe siècle
Ajout des chapelles
Ajout des chapelles
1er quart XVIe siècle (≈ 1625)
Chapelle Sainte-Adélaïde et funéraire des Fleckenstein.
1898-1900
Travaux d'agrandissement
Travaux d'agrandissement
1898-1900 (≈ 1899)
Ajout d’une travée et tour-porche centrale.
1940
Destruction partielle
Destruction partielle
1940 (≈ 1940)
Bombardements détruisant nef et clocher.
1954-1958
Reconstruction moderne
Reconstruction moderne
1954-1958 (≈ 1956)
Nef en béton armé par Jean Viallefond.
2006
Inscription MH
Inscription MH
2006 (≈ 2006)
Protection de l’église et de son sol.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église avec son sol en totalité, y compris les reliefs peints de la façade ouest, le portique nord et le campanile (cad. 01 129/6) : inscription par arrêté du 9 mars 2006
Personnages clés
| Jean Viallefond - Architecte |
Reconstruit la nef (1954-1958). |
| Lambert-Rucki - Sculpteur |
Réalise le décor en béton (Transfiguration). |
| Sixte IV - Pape (1471-1484) |
Transfère les biens abbatiaux en 1481. |
| Louis XIV - Roi de France |
Donne Seltz aux Jésuites (1682). |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Seltz, située dans le Bas-Rhin en Alsace, est un édifice dont les origines remontent à la fin du XVe siècle. Le chœur polygonal, construit à cette époque, est le vestige médiéval le plus ancien encore visible aujourd’hui. L’édifice a subi des transformations majeures au début du XVIe siècle, avec l’ajout de la sacristie, de la chapelle Sainte-Adélaïde et de la chapelle funéraire des Fleckenstein. Ces éléments architecturaux témoignent de l’importance de l’église dans la vie religieuse et sociale de Seltz à la Renaissance.
La nef originale, probablement d’origine romane ou médiévale tardive, fut détruite en 1940 lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1954 et 1958, elle fut reconstruite en béton armé selon les plans de l’architecte Jean Viallefond, intégrant un décor sculpté en relief par Lambert-Rucki sur le pignon ouest. Ce campanile isolé et les portiques modernes contrastent avec les parties gothiques conservées, illustrant les reconstructions post-guerre en Alsace.
L’église Saint-Étienne a connu une histoire confessionnelle mouvementée : catholique jusqu’en 1559, puis alternativement réformée, luthérienne et à nouveau catholique après 1684. Cette succession reflète les bouleversements religieux en Alsace, marquée par la Réforme et les changements politiques, notamment l’influence de Louis XIV qui rattacha Seltz aux Jésuites en 1682. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 2006, conserve ainsi des traces de ces transitions, des fondations romanes aux ajouts contemporains.
Avant les destructions de 1940, l’église comptait trois vaisseaux, dont deux collatéraux aujourd’hui disparus. Les photographies d’archives révèlent une nef de cinq travées, flanquée de niches abritant des statues de saints, et un clocher initialement situé dans l’angle nord-ouest. Les travaux de 1898-1900 avaient déjà modifié cette configuration, avec l’ajout d’une tour-porche centrale, détruite lors du conflit. La reconstruction d’après-guerre a préservé le chœur et les chapelles latérales, tout en intégrant des éléments modernes comme le plafond en bois et les bas-côtés raccordés au porche.
Le sol de l’église, protégé par l’inscription de 2006, recèle des vestiges archéologiques, dont des fondations romanes mises au jour lors des travaux. Ces découvertes suggèrent une occupation religieuse du site depuis l’époque mérovingienne, bien que les premières mentions écrites datent du XIVe siècle. L’église abritait autrefois un collège de douze chanoines, fondé après le transfert des biens de l’abbaye Saints-Pierre-et-Paul en 1481 par le pape Sixte IV. Ce passé canonial explique l’ampleur du chœur et la présence d’une salle capitulaire au-dessus de la sacristie.
Aujourd’hui, l’église Saint-Étienne se distingue par son mélange de styles : gothique pour le chœur et les chapelles, moderne pour la nef et le campanile. Le décor en béton de Lambert-Rucki, représentant la Transfiguration, et les portiques en béton armé symbolisent la reconstruction d’après-guerre, tandis que les reliefs peints et les éléments médiévaux rappellent son histoire millénaire. Propriété de la commune, elle reste un lieu de culte catholique et un témoignage architectural des mutations religieuses et politiques de l’Alsace.