Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L'église Saint-Étienne de Val-d'Izé, située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Bretagne, fut édifiée entre 1889 et 1896 par l'architecte Henri Mellet. De style néo-roman et néo-byzantin, elle se distingue par son plan en croix latine, ses coupoles sur pendentifs, et une tour-lanterne au transept. L'édifice, construit en grès, granit et calcaire, arbore une bichromie des matériaux inspirée de l’art roman angoumois. L’ancienne église médiévale, partiellement conservée, fut transformée en mairie après désaffectation, tandis que la nouvelle église intégrait des éléments comme un clocher en bois et brique.
La bénédiction de l’église eut lieu le 27 octobre 1896 par le cardinal Labouré, archevêque de Rennes. Son clocher, surmonté d’une flèche abadienne conçue par Charles Coüasnon en 1925, fut détruit par la foudre en 1929 puis reconstruit à l’identique en 1930. L’intérieur abrite des œuvres majeures : un maître-autel et un autel de la Sainte-Vierge (1896-1899) sculptés par Victor Augerie et ornés de mosaïques d’Isidore Odorico, une chapelle commémorative (1920) dédiée aux 83 Izéens morts lors des deux guerres mondiales, et des vitraux signés Rault.
Les sculptures des chapiteaux et du Chemin de croix, réalisées par Bouvier en 1929, ainsi que les peintures de Louis Garin, complètent ce décor éclectique. L’orgue, inauguré en 1917, compte 13 jeux. L’église, propriété communale, fut inscrite aux monuments historiques en 2014 pour son architecture hybride et son mobilier artistique. Son histoire reflète à la fois les évolutions liturgiques du XIXe siècle et les traumatismes des conflits du XXe, ancrant le monument dans la mémoire locale.
L’ancienne église, datée des XIVe–XVIe siècles, fut partiellement préservée : son chœur, son clocher (1543), et une porte du XVIe siècle réemployée dans le transept sud (1824). La nef médiévale, détruite par Mellet, céda la place à une façade remaniée avec un toit débordant, illustrant une réhabilitation unique en Ille-et-Vilaine. Les matériaux polychromes et les détails décoratifs rappellent l’influence romane, tandis que les ajouts du XXe siècle (vitraux, chapelle commémorative) témoignent d’une adaptation aux besoins contemporains.