Origine et histoire de l'Église Saint-Étienne
L’église Saint-Étienne de Vaux-sur-Mer, située en Charente-Maritime, est un vestige emblématique de l’architecture romane saintongeais. Fondée vers 1075 par Pierre et Arnaud Gémon, seigneurs de Mortagne, elle fut d’abord une abbaye bénédictine placée sous la protection de l’abbaye de Maillezais. Son histoire est marquée par des conflits avec les seigneurs locaux, comme l’excommunication de Guibert de Didonne en 1167 pour avoir pillé ses terres. En 1170, elle passe sous la protection directe du pape Alexandre III, témoignant de son influence grandissante.
L’abbaye connut son apogée au XIIe siècle, avec des possessions s’étendant sur plusieurs paroisses des diocèses de Saintes et Bordeaux. Ravagée pendant les guerres de Religion, elle fut abandonnée jusqu’en 1413, puis confisquée en 1584 par Catherine de Bourbon. Après la Révolution, la communauté monastique fut dissoute en 1793, ne laissant que des vestiges : le carré du transept, le chœur, et une chapelle gothique. Son clocher carré, encore debout, domine le bourg.
L’édifice actuel, classé monument historique en 1913, conserve des éléments romans remarquables : une abside à arcatures, des chapiteaux historiés (lapidation de saint Étienne, animaux fabuleux), et une inscription du XIIIe siècle attestant d’une donation pour un cierge. Son cimetière adjacent fut également protégé en 1936. Symbole du patrimoine religieux saintongeais, elle fut même représentée sur un timbre postal en 2004.
L’abbaye joua un rôle central dans la vie locale, abritant une dizaine de moines issus de la noblesse (Mortagne, Didonne, Talmont) et des serviteurs laïcs. Ses conflits avec les seigneurs, comme celui de 1167, illustrent les tensions entre pouvoir ecclésiastique et féodal en Saintonge. La protection pontificale de 1170 renforça son autonomie, mais les guerres de Religion scellèrent son déclin, malgré sa résilience face aux conflits anglo-aquitains.
Aujourd’hui, l’église Saint-Étienne se dresse comme un témoignage sobre de l’art roman, avec une façade dépouillée masquant les traces de sa nef disparue. Son abside, ornée de colonnettes et de modillons grimaçants, contraste avec l’austérité intérieure. La chapelle sud, ajout gothique, et les vitraux modernes du chœur rappellent ses transformations au fil des siècles. Propriété communale, elle reste un lieu de mémoire et de culte au cœur de Vaux-sur-Mer.