Frise chronologique
début IXe siècle
Première mention archivistique
Première mention archivistique
début IXe siècle (≈ 904)
Archives de l'abbaye de Luxeuil
1032
Fondation du collège de chanoines
Fondation du collège de chanoines
1032 (≈ 1032)
Par Guy Ier de Vignory
1032-1049
Construction de la nef et du chœur
Construction de la nef et du chœur
1032-1049 (≈ 1041)
Arrêt des travaux en 1049
1051-1057
Consécration de l'église
Consécration de l'église
1051-1057 (≈ 1054)
Par l'évêque Hardouin de Tonnerre
XIIe siècle
Ajout du clocher et partition
Ajout du clocher et partition
XIIe siècle (≈ 1250)
Église divisée en parties paroissiale/monastique
1840-1852
Restauration par Boeswillwald
Restauration par Boeswillwald
1840-1852 (≈ 1846)
Classement Monument Historique en 1846
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Guy Ier de Vignory - Premier sire de Vignory |
Fonda le collège de chanoines en 1032 |
| Hardouin (ou Hugues Ier de Breteuil) - Évêque de Langres |
Participe à la fondation en 1032 |
| Roger de Vignory - Fils de Guy Ier |
Remplace chanoines par moines bénédictins |
| Hardouin de Tonnerre - Évêque de Langres (1051-1057) |
Consacre l'église restaurée |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
Découvre son caractère roman en 1843 |
| Émile Boeswillwald - Architecte |
Restaure l'église (1843-1852) |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne de Vignory, située dans le département de la Haute-Marne, trouve ses premières mentions dans les archives de l'abbaye de Luxeuil au début du IXe siècle. Charlemagne aurait cédé à cette église des biens du fisc royal, bien qu'aucun vestige de l'édifice carolingien ne subsiste aujourd'hui. L'histoire du monument prend un tournant en 1032, lorsque Guy Ier de Vignory fonde un collège de chanoines près de son château, avec l'appui de l'évêque de Langres, Hardouin. Cette initiative marque le début d'une reconstruction majeure.
Vers 1032-1049, Guy Ier de Vignory entreprend la construction d'une nouvelle église, correspondant aux deux travées du chœur et aux quatre travées de la nef. Les travaux s'interrompent en 1049 lorsque les chanoines sont remplacés par des moines bénédictins, rattachés à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon. L'évêque Hardouin de Tonnerre consacre l'édifice entre 1051 et 1057, intégrant un prieuré près des évêchés de Châlons et Reims. Une seconde campagne ajoute l'abside, tandis qu'au XIIe siècle, l'église devient un prieuré-cure, partagé entre une partie paroissiale (nef) et monastique (chœur, chevet).
Au XIVe-XVIe siècle, cinq chapelles sont ajoutées le long du bas-côté sud, et la nef est allongée de deux travées. Le clocher, probablement érigé au XIIe siècle par les paroissiens, complète l'ensemble. L'église, bien entretenue par les prieurs, attire l'attention des archéologues au XIXe siècle : Prosper Mérimée, en 1843, découvre son caractère roman malgré une façade trompeuse. Classée Monument Historique en 1846, elle est restaurée par Émile Boeswillwald entre 1843 et 1852. Son architecture, mêlant tradition basilicale et innovations (élévation à trois niveaux, déambulatoire à chapelles rayonnantes), en fait un témoin clé de l'art roman champenois.
Les sculptures des chapiteaux et la disposition du déambulatoire, parmi les plus anciens exemples avec Saint-Savin-sur-Gartempe, soulignent son importance patrimoniale. Les transformations ultérieures (ouvertures, chapelles) reflètent son adaptation aux besoins liturgiques et paroissiaux, tout en préservant sa structure médiévale originale.