Frise chronologique
Ve siècle
Chapelle originelle
Chapelle originelle
Ve siècle (≈ 550)
Dédiée à Saint Roch, détruite vers 1844.
XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIe siècle (≈ 1150)
Chapelle rectangulaire de 9x18 m.
Fin XIIe siècle
Ajout du transept et chœur
Ajout du transept et chœur
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Agrandissement majeur de l’église.
1532
Fenêtre gothique
Fenêtre gothique
1532 (≈ 1532)
Financée par Jean Le Breton.
1543
Vitrail du Jugement dernier
Vitrail du Jugement dernier
1543 (≈ 1543)
Commandé par Anne Gedouin.
1828
Dons de Stéphanie Oudinot
Dons de Stéphanie Oudinot
1828 (≈ 1828)
Orgue, vitraux, autels et cloches.
1844
Destruction chapelle Saint-Roch
Destruction chapelle Saint-Roch
1844 (≈ 1844)
Ancienne crypte transformée en cave.
1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 (≈ 1926)
Protection de l’église.
1936
Ouverture crypte seigneuriale
Ouverture crypte seigneuriale
1936 (≈ 1936)
Dépôt du cercueil de Joachim Carvallo.
1944
Dégâts de guerre
Dégâts de guerre
1944 (≈ 1944)
Vitraux endommagés, remplacés en 1951.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : inscription par arrêté du 30 mars 1926 - La sacristie en totalité (cad. AI 273) : inscription par arrêté du 20 mai 2011
Personnages clés
| Jean Le Breton - Seigneur de Villandry (XVIe siècle) |
Financeur de la fenêtre gothique (1532). |
| Anne Gedouin - Épouse de Jean Le Breton |
Commanditaire du vitrail de 1543. |
| Stéphanie Oudinot - Épouse du baron Hainguerlot |
Donatrice d’orgue et vitraux (1828). |
| Max Ingrand - Maître verrier (XXe siècle) |
Remplace les vitraux en 1951. |
| Joachim Carvallo - Propriétaire du château (XXe siècle) |
Inhumé dans la crypte en 1936. |
| Curé Archambault - Prêtre de Pont-de-Ruan |
Installe l’orgue en 1859. |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne de Villandry, dédiée au premier martyr chrétien, trouve ses origines dans une chapelle du Ve siècle, détruite vers 1844. Au XIe siècle, une chapelle rectangulaire de 9 m sur 18 m est construite, devenant la nef de l’église actuelle après l’ajout du transept et du chœur à la fin du XIIe siècle. Son emplacement, à mi-hauteur du coteau et éloigné des inondations du Cher, reflète une volonté de pérennité. L’édifice partage des similitudes architecturales avec l’église paroissiale de Cormery, typique de la région touraine.
Au XVIe siècle, Jean Le Breton, alors seigneur de Villandry, finance l’ajout d’une large fenêtre gothique en 1532. Un vitrail de 1543, représentant la Résurrection et le Jugement dernier, orne l’absidiole nord, commandé par Anne Gedouin en mémoire de son époux décédé. Ces éléments gothiques contrastent avec la structure romane initiale, illustrant les évolutions stylistiques de l’époque. Les vitraux endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale sont remplacés en 1951 par Max Ingrand, maître verrier parisien.
Le XIXe siècle marque une période de rénovations et d’enrichissements. En 1828, Stéphanie Oudinot, épouse du baron Georges Tom Hainguerlot (propriétaire du château de Villandry), offre un orgue de tribune, des vitraux pour le chœur, des autels et deux cloches. En 1887, un chemin de croix en terre cuite, peint à Tours, est ajouté dans la nef. L’orgue, initialement installé en 1859 par le curé Archambault de Pont-de-Ruan, est placé sur la tribune en 1868. Ces ajouts reflètent l’influence des propriétaires du château sur le patrimoine religieux local.
L’architecture intérieure se distingue par une coupole de 6 mètres dans la croisée du transept, une rareté en Touraine, soutenue par des chapiteaux du XIIe siècle finement sculptés. Deux cryptes subsistent : l’une, sous le transept sud, abrite les seigneurs de Villandry et accueille en 1936 le cercueil de Joachim Carvallo ; l’autre, sous l’ancienne chapelle Saint-Roch (détruite en 1844), servit de cave après la Révolution. À l’extérieur, un ambon du XIIe siècle, utilisé pour les annonces publiques médiévales, subsiste près du portail.
L’église, classée Monument Historique en 1926 (avec une extension en 2011 pour la sacristie), mêle ainsi héritages roman, gothique et moderne. Ses éléments mobiliers, comme la chaise haute à baldaquin du XVIe siècle ou les statues en céramique du XIXe siècle, témoignent de son évolution continue. La restauration récente du vitrail de Saint-Louis (2019), sauvé en 1944, souligne les efforts constants pour préserver ce patrimoine emblématique de la Touraine.