Frise chronologique
1491
Début de la construction
Début de la construction
1491 (≈ 1491)
Chevet et clocher ébauchés par Étienne Viguier.
1537
Achèvement du chœur
Achèvement du chœur
1537 (≈ 1537)
Style gothique flamboyant dominant.
1584
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
1584 (≈ 1584)
Transition vers la Renaissance.
1610–1622
Construction de la façade
Construction de la façade
1610–1622 (≈ 1616)
Fin des travaux majeurs.
1793
Destruction des reliques
Destruction des reliques
1793 (≈ 1793)
Reliques de sainte Geneviève jetées.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l’État.
1997
Messe de Jean-Paul II
Messe de Jean-Paul II
1997 (≈ 1997)
Journée mondiale de la jeunesse.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Sainte Geneviève - Patronne de Paris |
Châsse conservée dans l’église. |
| Étienne Viguier - Architecte initial |
Dirigea les premiers travaux (1491). |
| Pierre Biard l'Aîné - Sculpteur du jubé |
Auteur des figures extatiques. |
| Victor Baltard - Architecte-restaurateur |
Restaura la façade au XIXe siècle. |
| Maurice Duruflé - Organiste compositeur |
Titulaire de l’orgue (1920–1986). |
| Archevêque Sibour - Assassiné en 1857 |
Meurtre lié au dogme marial. |
Origine et histoire
L’église Saint-Étienne-du-Mont, située sur la montagne Sainte-Geneviève dans le 5e arrondissement de Paris, remplace une chapelle du XIIIe siècle devenue insuffisante pour la population croissante du quartier. Sa construction, débutée en 1491 par le chevet et le clocher, s’achève en 1624 avec la façade. L’édifice reflète une transition architecturale entre le gothique flamboyant (chœur, 1537) et la Renaissance (nef, voûtée en 1584), avec une façade construite de 1610 à 1622. Le jubé, chef-d’œuvre hybride des XVIe–XVIIe siècles, est l’un des derniers conservés à Paris.
L’église est intimement liée à l’abbaye Sainte-Geneviève, où la sainte fut inhumée au VIe siècle. Elle abrite sa châsse (vide depuis 1793) et des tombes illustres comme celles de Blaise Pascal, Racine, et l’archevêque Sibour, assassiné en 1857. Sous la Révolution, elle devient brièvement un temple de la Piété filiale avant d’être rendue au culte en 1801. Au XIXe siècle, Victor Baltard restaure la façade et ajoute la chapelle des catéchismes.
L’orgue, dont le buffet date de 1630, est un instrument emblématique joué par des compositeurs comme Maurice Duruflé. Les vitraux, partiellement conservés malgré les destructions révolutionnaires, incluent des œuvres des XVIe–XVIIe siècles. L’église, classée monument historique en 1862, reste un lieu de pèlerinage (bataille de la Marne, 1914) et d’événements majeurs, comme les messes des papes Pie VII (1805) et Jean-Paul II (1997).
Son architecture atypique, avec un chœur désaxé par rapport à la nef et un clocher étroit, en fait un symbole du quartier latin. La méridienne, les statues Renaissance, et les escaliers en colimaçon du jubé soulignent son éclectisme. Lieu littéraire (Balzac, Huysmans), elle incarne aussi l’héritage janséniste et intellectuel de la Sorbonne voisine, avec des figures comme Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul en 1833.