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Église Saint-Étienne-du-Mont à Paris

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Étienne-du-Mont à Paris

    30 Rue Descartes
    75005 Paris

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1491
Début de la construction
1537
Achèvement du chœur
1584
Voûtement de la nef
1610–1622
Construction de la façade
1793
Destruction des reliques
1862
Classement monument historique
1997
Messe de Jean-Paul II
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Sainte Geneviève - Patronne de Paris Châsse conservée dans l’église.
Étienne Viguier - Architecte initial Dirigea les premiers travaux (1491).
Pierre Biard l'Aîné - Sculpteur du jubé Auteur des figures extatiques.
Victor Baltard - Architecte-restaurateur Restaura la façade au XIXe siècle.
Maurice Duruflé - Organiste compositeur Titulaire de l’orgue (1920–1986).
Archevêque Sibour - Assassiné en 1857 Meurtre lié au dogme marial.

Origine et histoire

L’église Saint-Étienne-du-Mont, située sur la montagne Sainte-Geneviève dans le 5e arrondissement de Paris, remplace une chapelle du XIIIe siècle devenue insuffisante pour la population croissante du quartier. Sa construction, débutée en 1491 par le chevet et le clocher, s’achève en 1624 avec la façade. L’édifice reflète une transition architecturale entre le gothique flamboyant (chœur, 1537) et la Renaissance (nef, voûtée en 1584), avec une façade construite de 1610 à 1622. Le jubé, chef-d’œuvre hybride des XVIe–XVIIe siècles, est l’un des derniers conservés à Paris.

L’église est intimement liée à l’abbaye Sainte-Geneviève, où la sainte fut inhumée au VIe siècle. Elle abrite sa châsse (vide depuis 1793) et des tombes illustres comme celles de Blaise Pascal, Racine, et l’archevêque Sibour, assassiné en 1857. Sous la Révolution, elle devient brièvement un temple de la Piété filiale avant d’être rendue au culte en 1801. Au XIXe siècle, Victor Baltard restaure la façade et ajoute la chapelle des catéchismes.

L’orgue, dont le buffet date de 1630, est un instrument emblématique joué par des compositeurs comme Maurice Duruflé. Les vitraux, partiellement conservés malgré les destructions révolutionnaires, incluent des œuvres des XVIe–XVIIe siècles. L’église, classée monument historique en 1862, reste un lieu de pèlerinage (bataille de la Marne, 1914) et d’événements majeurs, comme les messes des papes Pie VII (1805) et Jean-Paul II (1997).

Son architecture atypique, avec un chœur désaxé par rapport à la nef et un clocher étroit, en fait un symbole du quartier latin. La méridienne, les statues Renaissance, et les escaliers en colimaçon du jubé soulignent son éclectisme. Lieu littéraire (Balzac, Huysmans), elle incarne aussi l’héritage janséniste et intellectuel de la Sorbonne voisine, avec des figures comme Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul en 1833.

Liens externes