Frise chronologique
1319
Vestiges de la première église
Vestiges de la première église
1319 (≈ 1319)
Cuve baptismale et pierre latine retrouvées.
1542
Incendie par les soldats français
Incendie par les soldats français
1542 (≈ 1542)
Destruction partielle de l'église et de la ville.
1547
Demande de subvention pour réparations
Demande de subvention pour réparations
1547 (≈ 1547)
Procuration accordée à Pere Pastor de Perpignan.
1583
Peinture du retable du maître-autel
Peinture du retable du maître-autel
1583 (≈ 1583)
Réalisée par Joseph Brell de Perpignan.
24 avril 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
24 avril 1926 (≈ 1926)
Inscription par arrêté officiel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 24 avril 1926
Personnages clés
| Pere Pastor - Chevalier de Perpignan |
Mandataire pour les réparations post-incendie (1547). |
| Joseph Brell - Peintre perpignanais |
Auteur des peintures du retable (1583). |
| Raymond Pla - Curé d'Estagel (1815-1833) |
Supervisa l'ajout du camaril. |
| François Boher - Artiste et peintre |
Réalisa peintures intérieures au XIXe siècle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne-Saint-Vincent d'Estagel, située dans les Pyrénées-Orientales, est un édifice religieux dont les origines remontent au XIIe siècle, avec des remaniements majeurs au XVe siècle. Bien que la cuve baptismale et une pierre latine du XIVe siècle (1319) soient les seuls vestiges de la première église, le bâtiment actuel présente une nef voûtée d'arêtes flanquée de chapelles, typique de l'architecture romane. Son clocher en briques et pierres, inachevé, date du XVIIe siècle. L'église a été partiellement détruite en 1542 lors d'un incendie allumé par des soldats français, dans un contexte de tensions frontalières entre la couronne d'Aragon et le royaume de France.
Avant le traité des Pyrénées de 1659, Estagel appartenait à l'Aragon, ce qui exposait la ville aux invasions françaises. Après l'incendie de 1542, le conseil général d'Estagel sollicita en 1547 le chevalier Pere Pastor de Perpignan pour obtenir des fonds de réparation. L'édifice a subi de nombreuses rénovations aux XIXe et XXe siècles, et ses retables, érigés à différentes époques, illustrent des phases successives de modifications. Parmi eux, le retable du Christ (début XVIIIe siècle) et celui de Notre-Dame du Rosaire (1713) se distinguent par leur richesse iconographique et leur style baroque.
L'église abrite également des pavés de terre cuite hispano-mauresques des XVIe et XVIIe siècles, ainsi qu'un retable du maître-autel peint par Joseph Brell en 1583, représentant les histoires de saint Étienne et saint Vincent. Sous la direction du curé Raymond Pla (1815-1833), un camaril fut ajouté, et François Boher réalisa des peintures intérieures en collaboration avec un sculpteur potentiellement identifié comme Gorry de Barcelone. Classée monument historique depuis le 24 avril 1926, cette église témoigne des échanges culturels et artistiques entre la Catalogne et l'Occitanie.
La localisation de l'église, près de la place Francisco Ferrer et de la route D117, reflète son rôle central dans la vie communautaire d'Estagel. Son architecture hybride, mêlant influences romanes, gothiques et baroques, ainsi que son mobilier richement décoré, en font un exemple remarquable du patrimoine religieux occitan, marqué par les conflits et les reconstructions successives.