Frise chronologique
1305
Première mention écrite
Première mention écrite
1305 (≈ 1305)
Prieuré dépendant de Béziers, don aux chanoinesses.
vers 1330-1340
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
vers 1330-1340 (≈ 1335)
Style gothique, basalte et culots sculptés.
1690
Visite pastorale
Visite pastorale
1690 (≈ 1690)
Mention de deux chapelles dont Saint-Antoine.
1723
Réparation du clocher
Réparation du clocher
1723 (≈ 1723)
Intervention d’un maître maçon d’Agde.
3 juin 1932
Classement monument historique
Classement monument historique
3 juin 1932 (≈ 1932)
Protection officielle de l’État français.
1934
Restauration majeure
Restauration majeure
1934 (≈ 1934)
Retrait du plâtre, réparation de la flèche.
1974 et 1982
Travaux sur la charpente
Travaux sur la charpente
1974 et 1982 (≈ 1982)
Couverture de la nef et du chœur refaite.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 3 juin 1932
Personnages clés
| Bérenger III - Évêque de Béziers |
Donna le prieuré aux chanoinesses en 1305. |
| Maître maçon d'Agde (anonyme) - Artisan du clocher |
Répara le clocher en 1723 (inscription). |
Origine et histoire
L’église Saint-Félix de Portiragnes, mentionnée pour la première fois en 1305 sous le nom Ecclesia Sancti Felicis castri de Porcairanicis, était alors un prieuré dépendant du chapitre de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. Cette année-là, l’évêque Bérenger III en fit don aux chanoinesses de l’abbaye du Saint-Esprit. Les textes ultérieurs la citent en 1323 sous les noms Rector de Porcayranicis et Prior de P. et S. Cypriano, mais l’édifice actuel, de style gothique, daterait du milieu du XIVe siècle (vers 1330-1340), comme l’indiquent certains détails architecturaux tels que les culots sculptés.
Au XVIIe siècle, des réparations furent entreprises pour restaurer le pavé et le portail. En 1760, l’église apparaît sous le nom de Cure de Portiragnes, intégrée à l’archiprêtré de Cazouls. Son histoire patrimoniale marque un tournant en 1932 avec son classement aux monuments historiques, suivi en 1934 par le retrait du plâtre intérieur, révélant la pierre de basalte brute. La flèche du clocher fut réparée la même année, puis la charpente et la couverture de la nef en 1974 et 1982.
L’architecture de l’église, édifiée en basalte comme celle de Vias, combine des éléments gothiques remarquables. Le clocher carré, percé de baies ogivales et surmonté d’une flèche octogonale, porte des inscriptions datées de 1723, témoignant de réparations par un maître maçon d’Agde. La façade occidentale, sobre, présente un portail gothique en calcaire blanc, encadré de contreforts ornés de croix pattées. À l’intérieur, la nef à charpente apparente et le chœur voûté d’ogives abritaient autrefois des statues et un lustre monumental, retirés après 1932.
Le portail nord, postérieur à la construction initiale, est surmonté d’un pinacle et d’un œil-de-bœuf trilobé. Une croix en basalte datée de 1698 y est adossée. Le transept forme deux chapelles, tandis que l’abside à sept pans, éclairée par des fenêtres étroites, conserve une clé de voûte sculptée d’un Agnus Dei. Les culots, aux têtes humaines sommairement taillées, reflètent les contraintes du basalte, pierre peu adaptée à la sculpture fine.
L’église, initialement prieuré, fut rattachée au chapitre cathédral de Béziers avant d’être reconstruite au XIVe siècle. Les visites pastorales des XVIIe et XVIIIe siècles mentionnent des chapelles dédiées, comme celle de Saint-Antoine en 1690, et des travaux de réparation. Son statut actuel de monument classé en fait un témoignage rare de l’architecture gothique méridionale en basalte, matériau volcanique local.