Frise chronologique
1303
Décision de construction
Décision de construction
1303 (≈ 1303)
Acte fondateur entre quatre communautés locales.
1317
Fondation du chapitre
Fondation du chapitre
1317 (≈ 1317)
Bulle papale de Jean XXII.
1320
Début des travaux
Début des travaux
1320 (≈ 1320)
Lancement du gros œuvre gothique.
fin XVIe siècle
Incendie de la nef
Incendie de la nef
fin XVIe siècle (≈ 1695)
Voûtes remplacées par un lambris.
1779-1781
Construction de l’orgue
Construction de l’orgue
1779-1781 (≈ 1780)
Œuvre de Rabiny et Grinda.
1920
Classement MH
Classement MH
1920 (≈ 1920)
Protection de l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 8 juin 1920
Personnages clés
| Jean XXII - Pape (1316-1334) |
Fonda le chapitre en 1317. |
| Charles de La Roche-Aymon - Évêque (XVIIIe siècle) |
Réaménagea le chœur en 1742. |
| Étienne Rossat - Marbrier toulousain |
Auteur du maître-autel (1748). |
| Grégoire Rabiny - Facteur d’orgues |
Construisit l’orgue (1779-1781). |
| Honoré Grinda - Apprenti puis artisan |
Collabora à l’orgue après Albi. |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Félix de Saint-Félix-Lauragais, située en Haute-Garonne (Occitanie), fut édifiée à partir de 1303 par un accord entre les communautés locales de Saint-Félix, Cadenac, Saint-Crapasi et Graissens. Une bulle papale de Jean XXII en 1317 officialisa la fondation d’un chapitre de chanoines, accélérant les travaux. L’église, de style gothique méridional, présente une nef unique prolongée par un chevet polygonal à sept pans, typique du XIVe siècle. Son clocher imposant (42 m), flanqué de quatre tourelles à clochetons, fut achevé plus tardivement, avec une flèche recouverte de pierres de Saïx en 1841.
Au XVe siècle, les chanoines y installèrent un orgue de chœur, remplacé au XVIIe siècle par un orgue de tribune construit entre 1779 et 1781 par Grégoire Rabiny et Honoré Grinda, ce dernier ayant travaillé sur la cathédrale d’Albi. La nef, détruite par un incendie à la fin du XVIe siècle, fut recouverte d’un lambris de bois en 1603, tandis que les chapelles sud furent reconstruites au siècle suivant. Le chœur, réaménagé en 1742 par l’évêque Charles de La Roche-Aymon, abrite un maître-autel en marbre réalisé en 1748 par Étienne Rossat, auteur de celui de la basilique Saint-Sernin de Toulouse.
L’intérieur conserve des éléments remarquables : deux cloches en bronze (1523 et 1760), des tableaux de Jean Artigue et Lambert-François Cammas (XVIIIe siècle), ainsi qu’un décor peint anonyme du XIXe siècle, offert en échange du gîte et du couvert. Classée monument historique en 1920, la collégiale illustre l’évolution architecturale et artistique du Lauragais, mêlant gothique méridional, ajouts Renaissance et embellissements baroques.
Le chapitre, dissous à la Révolution, marqua profondément la vie locale : les chanoines, acteurs majeurs de la vie religieuse et culturelle, commanditèrent orgues, autels et peintures. Leur présence expliquent l’enrichissement progressif de l’édifice, comme en témoignent les transformations des XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’hui propriété communale, la collégiale reste un symbole du patrimoine lauragais, ouvert à la visite et aux événements culturels.