Frise chronologique
1255
Mariage de Jeanne de Toucy
Mariage de Jeanne de Toucy
1255 (≈ 1255)
Union avec Thibault, comte de Bar.
4e quart du XIIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
4e quart du XIIIe siècle (≈ 1387)
Édification attribuée à Thibault de Bar.
1877
Création de vitraux par E. Didron
Création de vitraux par E. Didron
1877 (≈ 1877)
Vitraux modernes ajoutés à l’édifice.
1891
Vente des vitraux anciens
Vente des vitraux anciens
1891 (≈ 1891)
Fragments acquis par Gustave Revilliod.
13 avril 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
13 avril 1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’édifice.
Seconde moitié du XIXe siècle
Restauration majeure
Restauration majeure
Seconde moitié du XIXe siècle (≈ 1975)
Travaux modifiant l’aspect originel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 13 avril 1907
Personnages clés
| Thibault, comte de Bar - Commanditaire présumé |
Aura fait construire l’église vers 1275. |
| Jeanne de Toucy - Héritière de Saint-Fargeau |
Épouse de Thibault en 1255. |
| Gustave Revilliod - Collectionneur de vitraux |
Acheta des fragments en 1891. |
| E. Didron - Maître-verrier (XIXe) |
Auteur de vitraux modernes (1877). |
Origine et histoire
L’église Saint-Ferréol de Saint-Fargeau, située dans le département de l’Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice religieux catholique dont la construction remonte au 4e quart du XIIIe siècle. Selon les sources, elle aurait été érigée à l’initiative de Thibault, comte de Bar, qui épousa en 1255 Jeanne de Toucy, héritière des seigneurs de Saint-Fargeau. Ce lien matrimonial suggérerait une volonté de marquer le territoire par un bâtiment emblématique, reflétant à la fois le pouvoir seigneurial et la piété de l’époque.
L’église a subi d’importantes restaurations au cours du XIXe siècle, notamment dans sa seconde moitié, modifiant partiellement son aspect d’origine. Ces travaux, courants à une période où le patrimoine médiéval était souvent « remanié » pour correspondre aux goûts romantiques ou aux besoins liturgiques, ont pu altérer certains éléments structuraux ou décoratifs. Malgré ces transformations, l’édifice conserve des traces de son histoire médiévale, comme en témoignent ses vitraux du XIIIe siècle, dont des fragments sont aujourd’hui conservés au Musée Ariana de Genève après leur dispersion en 1891.
Classée monument historique par arrêté du 13 avril 1907, l’église abrite un mobilier remarquable, incluant des œuvres d’art couvrant plusieurs siècles. Parmi celles-ci figurent un triptyque de la Crucifixion (XVe siècle), une Pietà et une statue de saint Ferréol (XVIe siècle), ainsi que des tableaux du Second Empire. Les vitraux originels, partiellement sauvés avant leur vente, offraient des scènes bibliques (Passion, Enfance du Christ) et des représentations de saints, caractérisés par des fonds à croisillons rouges, typiques de l’art gothique. Leur étude révèle cependant des recompositions et restaurations successives, compliquant l’interprétation de leur iconographie première.
La dispersion des vitraux illustre les pratiques du XIXe siècle, où des collectionneurs comme Gustave Revilliod ou des marchands comme Alfred Gérente acquéraient des éléments patrimoniaux pour les revendre ou les exposer. Ces transactions, souvent peu documentées, ont fragmenté des ensembles cohérents, comme celui de Saint-Fargeau, où certains médaillons (saint Blaise, Jonas, ou des scènes de la Passion) ont été séparés de leur contexte d’origine. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage de l’art religieux médiéval et de ses métamorphoses ultérieures, tout en servant de lieu de culte actif dans la commune.