Origine et histoire de l'Église Saint-Firmin
L'église Saint‑Firmin est une paroisse catholique de Vineuil‑Saint‑Firmin (Oise), située près de Chantilly, dans le Parc naturel régional Oise‑Pays de France, au nord de la rue de Senlis (RD 924) dans l'ancien village de Saint‑Firmin. L'édifice actuel a remplacé une église médiévale et a été reconstruit en une unique campagne entre 1540 et 1543 grâce au mécénat du connétable Anne de Montmorency. De dimensions modestes, son architecture relève d'un gothique flamboyant simple et harmonieux, marqué par des formes et des proportions équilibrées. L'homogénéité générale se révèle malgré une grande diversité des réseaux de fenêtres : sur quinze baies, au plus trois présentent le même dessin. Les cinq verrières historiées de la Renaissance, regroupées dans le chœur et offertes en grande partie par Anne de Montmorency et ses proches, constituent la principale richesse de l'édifice. Ces verrières, longuement attribuées à des maîtres de l'époque et restaurées sous la direction d'Auguste Steinheil en 1881‑1882, sont protégées comme objets aux titres des monuments historiques depuis 1886. L'église elle‑même a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 13 février 1970 et a bénéficié de travaux de restauration au cours de la même période. L'édifice est orienté selon un plan basilical simple : une nef accompagnée de deux bas‑côtés, un faux transept peu saillant et un chœur d'une seule travée formant une abside à cinq pans. La longueur totale atteint 27 mètres et la largeur 16 mètres, le clocher s'implantant sur la première travée du bas‑côté nord et se coiffant d'une flèche en charpente. L'intérieur est voûté d'ogives simples ; nef et croisée forment un vaisseau central homogène, sans fenêtres hautes, ce qui crée un espace relativement sombre et intime. Les ogives, de type surbaissé et prismatique, les piliers monocylindriques appareillés en tambour et les grandes arcades témoignent d'un vocabulaire sobre du dernier gothique. Les bas‑côtés reprennent les mêmes dispositions structurelles tout en offrant des baies latérales aux remplages variés, illustrant la variété des réseaux de l'édifice. Le chœur, élevé à la même hauteur que le vaisseau central mais surélevé par trois marches, présente six ogives rayonnantes autour d'une clé centrale frappée des armes d'Anne de Montmorency. Extérieurement, l'église est construite principalement en moellons hourdés, avec un moyen appareil et des éléments de pierre de taille pour les contreforts, les encadrements et la corniche ; seules quelques croix d'antéfixe offrent un décor sculpté de style flamboyant. Le portail latéral, en anse de panier, est entouré d'une niche abritant une statue polychrome de saint Firmin céphalophore ; de petits griffons flanquent l'entrée, sans que leur datation soit certaine. Le clocher, implanté de façon inhabituelle au nord du vaisseau, présente une tourelle d'escalier ronde et un étage de beffroi sobre, compensés par la finesse de sa flèche en charpente. L'église conserve un mobilier riche : outre les verrières, plusieurs statues et tableaux anciens sont classés ou protégés. Parmi les statues figurent un saint Jean en bois et un Ecce Homo en bois, classés et restaurés en 1944, ainsi que deux statues en marbre de saint Jacques et de sainte Marie‑Madeleine, classées depuis 1912 ; la Vierge de douleur en bois et une statue d'un saint évêque complètent l'ensemble. Les tableaux comprennent notamment une Éducation de la Vierge attribuée à un maître anonyme de l'école française du XVIIe siècle, restaurée en 2003, ainsi que plusieurs toiles des XVIIIe et XIXe siècles, certaines restaurées récemment. Le mobilier comporte aussi une cloche parrainée par le duc et la duchesse d'Aumale, un monument aux morts communal, des fonts baptismaux installés en 1860, des châsses en cuivre doré et un maître‑autel néogothique offert par la famille Willequez et consacré en 1866. Plusieurs dalles et plaques funéraires anciennes, dont celle de Guillaume Siby et d'Élisabeth Le Roy et la dalle de Louis de Butor, ont été conservées et redressées dans la chapelle des fonts baptismaux ou le bas‑côté sud. L'historique liturgique et paroissial reflète les bouleversements de l'époque moderne : après des regroupements de paroisses au sortir de la guerre de Cent Ans, l'édifice fut rebâti au XVIe siècle, endommagé pendant la Révolution et restauré au XIXe siècle. Au XIXe siècle, la vente envisagée des fragments de vitraux pour financer des réparations n'aboutit pas et les fragments furent reconstitués dans les cinq baies du chœur vers 1840 ; la sacristie date de 1855 et la tribune de 1868. Le hameau de Vineuil a pris le nom de Vineuil‑Saint‑Firmin en 1909 et dispose d'une petite chapelle néoromane transformée au XIXe siècle, aujourd'hui fermée pour raisons de sécurité. L'église n'a plus de prêtre résident depuis la mort de l'abbé Fernand Verté en 1991 et dépend désormais de la paroisse Sainte‑Famille de Chantilly ; les messes dominicales y sont généralement célébrées environ deux fois par mois, le dimanche à 9 h 30. Les vitraux du chœur présentent une iconographie hagiographique et biblique riche — scènes de la crucifixion, arbre de Jessé, saints patronaux et figures de donateurs — et leur attribution à un atelier précis reste discutée dans la bibliographie. Les baies des bas‑côtés ont quant à elles été, pour la plupart, refaites au XIXe siècle et comprennent des verrières historiées et ornementales réalisées après la restauration des verrières du chœur. L'accès à l'église s'effectue depuis un parvis en terrasse accessible par au moins sept marches, la rue de Senlis et le sentier de l'Église entourant l'édifice ; seules l'élévation méridionale et une partie du chevet sont aisément visibles depuis la voie publique. Classique parmi les petites églises rurales de la première moitié du XVIe siècle, Saint‑Firmin illustre la sobriété du gothique flamboyant tardif et la valeur patrimoniale de ses verrières et de son mobilier.