Frise chronologique
XIIIe siècle
Origines initiales
Origines initiales
XIIIe siècle (≈ 1350)
Première église dédiée à saint Martin
Début XVe siècle
Reconstruction sur la butte
Reconstruction sur la butte
Début XVe siècle (≈ 1504)
Transfert après destruction pendant les guerres
1520-1550
Campagne de construction majeure
Campagne de construction majeure
1520-1550 (≈ 1535)
Chœur, abside, et verrières datées
1600
Achèvement du jubé
Achèvement du jubé
1600 (≈ 1600)
Style Renaissance par Jean Bulion
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH en France
2021-2026 (prévu)
Restauration contemporaine
Restauration contemporaine
2021-2026 (prévu) (≈ 2024)
Travaux sur 5 ans minimum
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Jean Bulion - Tailleur de pierre |
Auteur du jubé (1600) pour 1100 livres |
| Louise de Roffey - Donatrice noble |
Finança la verrière de saint Martin (1528) |
| Guillaume Servin - Marchand local |
Donateur de la verrière de saint Florentin (1527) |
| Frères Veyssières - Maîtres verriers |
Restauration des vitraux (1862-1865) |
| Viollet-le-Duc - Architecte (indirect) |
Inspira les restaurations du XIXe siècle |
| Pierre de Provins - Seigneur et futur maire |
Donateur de la verrière de la Genèse (1525) |
Origine et histoire
L'église Saint-Florentin, initialement dédiée à saint Martin, fut détruite au XIVe siècle lors des guerres, puis reconstruite à partir de 1520 sur une butte où se trouvait autrefois un château fort. Son édification, marquée par des dates gravées (1520 à 1550), fut ralentie par les guerres de Religion, laissant la nef inachevée. Le jubé, daté de 1600, et les verrières du XVIe siècle, financées par des nobles et des roturiers, témoignent de son riche patrimoine artistique.
Les verrières, classées Monuments Historiques, illustrent des scènes bibliques et hagiographiques, comme la vie de saint Florentin, saint Martin, ou la Genèse. Restaurées aux XIXe et XXe siècles, elles mêlent styles gothique tardif et Renaissance. L'église, classée en 1840, conserve aussi un orgue du XVIIe remanié au XXe siècle. Des travaux récents (depuis 2021) visent à préserver ce monument emblématique de Bourgogne-Franche-Comté.
L'intérieur se distingue par son chœur et son déambulatoire du XVIe siècle, son jubé Renaissance, et des chapelles ornées de retables et bas-reliefs. Les donateurs, comme Guillaume Servin ou Louise de Roffey, y sont représentés aux côtés de saints patrons. Malgré des destructions révolutionnaires et des restaurations controversées, l'église reste un témoignage majeur de l'art sacré bourguignon.
L'architecture combine une nef courte, un transept non saillant, et un chœur allongé avec déambulatoire. Les styles gothique flamboyant, Renaissance, et classique (façades du XVIIe) s'y côtoient. Les vitraux, attribués à l'école troyenne, comptent parmi les ensembles les plus complets de France pour cette période. L'édifice, propriété communale, domine la ville depuis une colline près du canal d'Armançon.
Les verrières de 1524 à 1529, comme celles de la Création du monde ou de la Vie de saint Jean, révèlent des techniques narratives et des détails iconographiques remarquables. Les donateurs, issus de la bourgeoisie locale (marchands, officiers) ou de la noblesse (seigneurs de Coursan, de La Roëre), y sont immortalisés avec leurs armoiries. Ces œuvres, restaurées par les frères Veyssières ou Charles Lévêque, ont survécu aux conflits et aux outrages du temps.
Classée dès 1840, l'église a bénéficié de restaurations majeures au XIXe siècle (voûtes refaites selon Viollet-le-Duc, façade remaniée). Cependant, des travaux récents (2022) ont suscité des polémiques en raison de destructions dans le périmètre protégé. Aujourd'hui, elle reste un lieu de culte et un site touristique, ouvert au public, illustrant cinq siècles d'histoire religieuse et artistique en Bourgogne.