Frise chronologique
1226 (proposé)
Fondation du monastère
Fondation du monastère
1226 (proposé) (≈ 1226)
Date hypothétique par Lecger, non prouvée.
1235 (avant)
Installation des franciscains
Installation des franciscains
1235 (avant) (≈ 1235)
Initiée par Sicard VI de Lautrec.
1350
Première consécration
Première consécration
1350 (≈ 1350)
Église et chœur achevés.
1512 (27 juin)
Seconde consécration
Seconde consécration
1512 (27 juin) (≈ 1512)
Par l’évêque Jean Colomby.
XVe siècle
Extension de la nef
Extension de la nef
XVe siècle (≈ 1550)
Quatre travées ajoutées vers le sud.
XVIe siècle (2e moitié)
Destruction du couvent
Destruction du couvent
XVIe siècle (2e moitié) (≈ 1650)
Par les protestants huguenots.
1790–1800
Désaffectation révolutionnaire
Désaffectation révolutionnaire
1790–1800 (≈ 1795)
Transformée en magasin à fourrage.
1801
Retour au culte
Retour au culte
1801 (≈ 1801)
Devenue église paroissiale.
1848–1889
Rénovations néo-gothiques
Rénovations néo-gothiques
1848–1889 (≈ 1869)
Décor intérieur et orgue ajoutés.
1996 (5 juillet)
Classement MH
Classement MH
1996 (5 juillet) (≈ 1996)
Protection complète de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AE 509) : classement par arrêté du 5 juillet 1996
Personnages clés
| Sicard VI de Lautrec - Vicomte et fondateur |
Initiateur du monastère franciscain avant 1235. |
| Archambaud de Lautrec - Évêque de Lavaur (1348–1357) |
Acheva le chœur vers 1347–1350. |
| Jean Colomby - Évêque de Troyes |
Consacra l’église en 1512. |
| Théodore Puget - Facteur d’orgues |
Conçut l’orgue en 1863–1865. |
| Louis-Victor Gesta - Maître verrier |
Restaura les vitraux en 1888. |
| Curé Rayssac - Responsable des rénovations |
Lança les travaux en 1849. |
Origine et histoire
L’église Saint-François de Lavaur, située dans le Tarn en Occitanie, trouve ses origines au XIIIe siècle avec l’installation d’une communauté franciscaine avant 1235, initiée par Sicard VI de Lautrec. Le monastère et son église, construits hors des murs de la ville, deviennent un lieu de sépulture pour les seigneurs locaux. En 1350, l’église est consacrée une première fois, puis agrandie aux XVe–XVIe siècles avec l’ajout de quatre travées et de chapelles latérales dédiées aux confréries. Le couvent, détruit par les protestants au XVIe siècle, laisse place à une église désaffectée pendant la Révolution, transformée en magasin à fourrage.
L’édifice, rendu au culte en 1801, subit d’importantes restaurations au XIXe siècle. Le décor intérieur (peintures de Gayral et Bordieu, vitraux de Gesta, terres cuites des ateliers Virebent) et l’orgue de Théodore Puget (1865) transforment son apparence. Classée monument historique en 1996, l’église conserve un plan gothique languedocien typique : nef unique de 56 m en brique, chœur du XIVe siècle, et chapelles latérales du XVe siècle. Son histoire reflète les bouleversements religieux (cathares, Réforme) et les mutations urbaines de Lavaur.
Le chœur, marqué par des fenêtres ogivales et des chapiteaux sculptés vers 1347–1350, témoigne de l’influence de l’évêque Archambaud de Lautrec. Les confréries médiévales (Saint-Côme-Saint-Damien en 1501) et les dons testamentaires (comme celui de Finemonde des Près en 1413) illustrent son rôle social. Au XIXe siècle, la tribune (1848) et les statues du déambulatoire (1869) achèvent sa métamorphose en église paroissiale, tout en préservant des éléments médiévaux comme l’arc triomphal ou le portail déplacé.
Les sources archéologiques et les archives (donations, testaments, actes de consécration de 1350 et 1512) confirment son évolution en trois phases majeures : fondation franciscaine (XIIIe), extensions gothiques (XIVe–XVIe), et rénovations néo-gothiques (XIXe). La destruction partielle du couvent par les huguenots et sa réutilisation comme magasin révolutionnaire soulignent son statut de symbole religieux et politique dans le Sud-Ouest.
Aujourd’hui, l’église se distingue par son unité stylistique malgré ses campagnes de construction successives. Les peintures murales, les vitraux narratifs (1888), et l’orgue Puget (restauré en 2001) en font un témoignage artistique et historique majeur. Son classement en 1996 consacre sa valeur patrimoniale, liée à l’histoire des ordres mendiants et à l’architecture en brique caractéristique du Languedoc.