Construction de la nef romane Vers l'an 1000 (≈ 50)
Édification de la nef romane avec des caractéristiques du premier art roman.
XIVe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher XIVe siècle (≈ 1450)
Édification du clocher de l'église Saint-Gal.
XVe siècle
Modification du chœur
Modification du chœur XVe siècle (≈ 1550)
Remplacement de l'abside semi-circulaire par un chevet plat.
XVIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure XVIe siècle (≈ 1650)
Reconstruction de l'édifice avec ajout de décors gothiques et vitraux.
1982-1995
Restauration et découvertes
Restauration et découvertes 1982-1995 (≈ 1989)
Restauration par les Monuments historiques révélant des structures romanes et des peintures murales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. C 283) : classement par arrêté du 10 avril 1981
Personnages clés
Saint Gal
Moine irlandais du VIe siècle, fondateur d'un ermitage à Langast.
Saint Colomban
Moine missionnaire irlandais, compagnon de saint Gal.
Origine et histoire de l'Église Saint-Gal
L'église Saint-Gal, à Langast (Côtes-d'Armor), est classée au titre des monuments historiques depuis 1981. Elle porte le nom de saint Gal, moine irlandais du VIe siècle venu avec saint Colomban; après des tribulations en Gaule, il serait arrivé à Langast vers l'an 600 où il établit un ermitage avant de rejoindre Colomban en Suisse, où il fonda un ermitage sur la Steinach, à l'origine de l'abbaye de Saint-Gall. La paroisse formait une enclave dépendant de l'évêché de Dol au sein de l'évêché de Saint-Brieuc ; faute de sources, la création de la paroisse est difficile à préciser mais paraît ancienne, située entre le IXe et le XIe siècle. Le clocher date du XIVe siècle et le chœur a été modifié au XVe siècle, remplaçant une abside semi-circulaire par un chevet plat. L'édifice fut longtemps daté majoritairement du XVIe siècle — ce caractère se retrouve dans le grand vitrail daté de 1508, dans l'aspect extérieur et dans les décors sculptés de style gothique. Lors de la restauration conduite par les Monuments historiques entre 1982 et 1995, le piquetage des enduits a mis au jour dans la nef une structure romane enchâssée dans l'édifice du XVIe siècle ainsi que des peintures murales exceptionnelles.
La nef romane, composée de cinq travées et flanquée de bas-côtés, est couverte d'une charpente ; ses arcades en plein cintre retombent directement sur des piliers carrés dépourvus d'imposte. Au-dessus, le mur nu était percé de grandes fenêtres peu ébrasées montant jusqu'aux cintres ; ces baies ont été murées lors de la reconstruction qui a rehaussé la couverture des bas-côtés, alors que la nef était à l'origine largement éclairée par des collatéraux plus bas. On note la présence d'un appareillage en opus sicatum dans la maçonnerie de la façade occidentale ; ces dispositions, caractéristiques du premier art roman, plaident pour une datation autour ou plutôt avant l'an 1000. Sous l'enduit ont été découvertes, à l'intrados des grandes arcades, des fresques romanes ainsi que des peintures gothiques et du XVIIe siècle. Les peintures romanes représentent des anges et des saints en pied accompagnés d'inscriptions, insérés dans un décor géométrique et végétal, et comprennent une très rare représentation de saint Michel psychopompe avec un apport stylistique byzantin. Elles sont sans équivalent par leur style, semblent indépendantes des écoles régionales qui ont produit les autres peintures bretonnes, et ont été exécutées avec une gamme de pigments très réduite ; leur stylisation rappelle à plusieurs égards les sculptures de chapiteaux romans, notamment celles de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Fouesnant. La datation de ces peintures fait l'objet d'un débat : elles sont placées par divers auteurs entre le IXe et le XIIe siècle, certains estimant un début du XIe siècle, d'autres les rattachant au XIIe, tandis qu'une hypothèse propose des couches anciennes du Xe siècle retouchées au XIIe siècle.