Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Première église mentionnée sous divers noms.
1319–1530
Évolution du nom
Évolution du nom
1319–1530 (≈ 1425)
Saint Joh de Saint Gaira → Sancti Gairiam.
1572
Pillage
Pillage
1572 (≈ 1572)
Lors des guerres de Religion.
1597
Clocher décrit
Clocher décrit
1597 (≈ 1597)
« Belle tour carrée toute neuve ».
Fin XVe–début XVIe siècle
Reconstruction
Reconstruction
Fin XVe–début XVIe siècle (≈ 1625)
Après destruction pendant la guerre de Cent Ans.
1680
Désaffection
Désaffection
1680 (≈ 1680)
5 catholiques pour 350 protestants.
1750–1751
Cloche « Dominique »
Cloche « Dominique »
1750–1751 (≈ 1751)
Bénie puis disparue en 1964.
1895
Fermeture au culte
Fermeture au culte
1895 (≈ 1895)
Pour délabrement extrême.
1923
Disparition de la toiture
Disparition de la toiture
1923 (≈ 1923)
Abandon définitif du bâtiment.
19 avril 1996
Classement MH
Classement MH
19 avril 1996 (≈ 1996)
Inscription aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne église (cad. ZE 27) : inscription par arrêté du 19 avril 1996
Personnages clés
| Jules Mascaron - Évêque (1696) |
Signale le manque d’ornements dans l’église. |
| Monseigneur Hébert - Évêque (1711) |
Mentionne tabernacle, tableau et chaire neufs. |
| Étienne Lajassès - Entrepreneur (1829) |
Établit un devis de réparation non suivi. |
| Abbé Durengues - Historien (1894) |
Auteur d’un *Pouillé* sur le diocèse d’Agen. |
Origine et histoire
L’église Saint-Gayrand de Grateloup-Saint-Gayrand, mentionnée dès le XIIe siècle sous divers noms (Saint Joh de Saint Gaira, Sancto Guerano), fut probablement détruite pendant la guerre de Cent Ans. Une reconstruction intervint à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, avec un clocher décrit en 1597 comme une « belle tour carrée toute neuve ». L’édifice, pillé en 1572 lors des guerres de Religion, tomba en désuétude au XVIIe siècle en raison de la prédominance protestante locale (5 catholiques pour 350 protestants en 1680).
Au XVIIIe siècle, des restaurations partielles eurent lieu, comme l’ajout d’un tabernacle et d’une chaire en 1711, ou la bénédiction d’une cloche en 1750, aujourd’hui disparue. L’église, interdite au culte en 1895 pour vétusté, perdit sa toiture en 1923. Des consolidations furent réalisées en 1988, et le monument fut inscrit aux Monuments Historiques en 1996. Son plan, ses voûtes effondrées et ses culots sculptés (Vierge à l’Enfant, dragon) témoignent de son passé médiéval et Renaissance.
Architecturalement, l’église combine une nef rectangulaire, un chevet à pans coupés éclairé par des fenêtres flamboyantes, et un clocher-mur d’origine roman. Les matériaux (moellons de tuf, pierre calcaire) et les chapelles latérales reflètent les agrandissements successifs. Le cimetière attitré, désormais désaffecté, et la sacristie voûtée complètent l’ensemble. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la région, de la guerre de Cent Ans aux conflits entre catholiques et protestants.
Le déclin de l’église au XVIIe siècle s’explique par la désaffection de la paroisse, majoritairement huguenote. Au XIXe siècle, des devis de réparation (1829) ne suffirent pas à sauver l’édifice, fermé en 1895. La disparition de sa cloche « Dominique » en 1964, vendue pour une chapelle minière polonaise, ajoute une dimension symbolique à son abandon. Aujourd’hui, l’association locale tente de retrouver cet élément patrimonial, tandis que les murs consolidés attendent une restauration complète.