Frise chronologique
Ve ou VIe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
Ve ou VIe siècle (≈ 650)
Retraite d'un religieux de Saint-Jouin de Marnes.
Xe-XIe siècles
Construction de l'église
Construction de l'église
Xe-XIe siècles (≈ 1150)
Période préromane, plan primitif conservé.
1826
Cadastre napoléonien
Cadastre napoléonien
1826 (≈ 1826)
Mention des croisillons de transept.
1840
Visite de Prosper Mérimée
Visite de Prosper Mérimée
1840 (≈ 1840)
Inspection avant classement historique.
1846
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1846 (≈ 1846)
Première liste des monuments protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Prosper Mérimée - Inspecteur général des Monuments historiques |
A visité l'église en 1840. |
| Arcisse de Caumont - Archéologue du XIXe siècle |
A étudié et cité l'église. |
| Jules Quicherat - Archéologue et historien |
A publié sur son architecture. |
| Religieux anonyme de Saint-Jouin de Marnes - Fondateur légendaire du prieuré |
Retiré à Saint-Généroux (Ve-VIe siècle). |
Origine et histoire
L'église Saint-Généroux, située dans le bourg de Saint-Généroux (Deux-Sèvres), est l'ancienne église d'un prieuré dépendant de l'abbaye Saint-Jouin de Marnes. Devenue église paroissiale à la Révolution, elle est classée Monument historique dès 1846. Ses caractéristiques préromanes, rares dans la région, en font un témoignage architectural majeur du haut Moyen Âge en Poitou. Son plan primitif inclut une nef unique, un transept non débordant et un chœur voûté en berceau, avec des éléments décoratifs inspirés de l'architecture asturienne.
La légende locale attribue sa fondation à un religieux de Saint-Jouin de Marnes, retiré à Saint-Généroux entre le Ve et le VIe siècle. L'édifice, presque intact avant sa restauration, attire l'attention de Prosper Mérimée en 1840, qui en souligne l'état ancien. Les archéologues du XIXe siècle, comme Arcisse de Caumont et Jules Quicherat, la citent dans leurs ouvrages, comparant ses arcades triomphales et ses décors (billettes, appareils réticulés) à des églises de la vallée de la Loire, comme Saint-Mexme de Chinon ou Cravant-les-Côteaux.
L'arc triomphal, percé de trois arcades et surmonté de baies en arcs, présente des influences extérieures à la région, évoquant l'architecture asturienne des IXe-XIe siècles. La nef, initialement charpentée, est ultérieurement divisée en trois vaisseaux par des arcades retombant sur des piles carrées. Les croisillons du transept, bas et débordants, ainsi que les absides latérales, pourraient dater de campagnes de construction postérieures. Les fenêtres en plein cintre, ornées de cordons de billettes et de triangles moulurés, rappellent celles de Cravant-les-Côteaux, suggérant un lien entre leurs constructeurs.
Bâtie entre deux collines près du Thouet, l'église apparaît sur le cadastre napoléonien de 1826 avec deux croisillons de transept, dont celui du sud conserve une absidiole. Son classement précoce (1846) souligne son importance patrimoniale, tandis que ses décors — appareils réticulés, arcs doubleaux — illustrent la transition entre les périodes carolingienne et romane. Les études d'Erlande-Brandeburg (1967) et Lesueur (1966) confirment son rôle clé pour comprendre l'architecture préromane en Nouvelle-Aquitaine.