Origine et histoire de l'Église Saint-Genès
L’église Saint-Genès de Thiers, située dans le centre médiéval de la ville, est un édifice emblématique mêlant art roman et gothique. Construite à partir du VIe siècle, elle est dédiée à saint Genès, martyr chrétien décapité au Creux de l’Enfer. Les premières structures de l’édifice actuel, de style roman, datent des XIe-XIIe siècles, avec des remaniements majeurs aux XIIIe, XVIe et XIXe siècles. Classée monument historique dès 1846, elle fut le premier bâtiment de Thiers à obtenir cette distinction.
L’église est fondée sur l’emplacement d’un sanctuaire du VIe siècle, détruit lors des invasions sarrasines au IXe siècle. Reconstruite au XIe siècle par Robert Ier, comte d’Auvergne, elle abrite un chapitre canonial dès 1016. Saccagée par les Huguenots en 1568 (perte du clocher), elle subit une restauration radicale au XIXe siècle : la façade ouest est reconstruite (1860-1863), le porche original détruit, et un nouveau clocher érigé en pierre de Volvic. Ces travaux révèlent une mosaïque romane du XIIe siècle, classée depuis.
Son architecture se distingue par une coupole octogonale de 102 m2 (la plus grande d’Auvergne) et une nef large de 9,50 mètres, voûtée d’ogives au XIIIe siècle. La façade sud conserve des éléments romans remarqués par Prosper Mérimée, tandis que les chapelles gothiques (XVIe-XVIIe siècles) témoignent de la prospérité économique de Thiers, liée à la coutellerie. À l’intérieur, les fresques murales, les stalles du XVIIe siècle, et un orgue classé (1853) illustrent son riche patrimoine.
La décoration intérieure inclut un retable baroque dédié à saint Éloi (1686), patron des couteliers, et des vitraux représentant des scènes religieuses et artisanales. Parmi eux, une verrière nord symbolise le Paradis et l’Enfer, reflétant les croyances médiévales. La mosaïque du XIIe siècle, exposée depuis 2018, s’inspire de motifs byzantins et atteste des échanges culturels de l’époque.
Classée monument historique et protégée par le secteur sauvegardé de Thiers, l’église reste un lieu de culte actif (paroisse Saint-Roch-en-Durolle) et un site touristique majeur. Son clocher, visible depuis la plaine de Limagne, domine le paysage urbain. Les objets classés incluent l’orgue (1980), les stalles, et un tombeau en pierre de Volvic (1993).
Son histoire reflète les bouleversements religieux (guerres de Religion, Révolution) et les adaptations architecturales successives, tout en préservant des éléments romans rares. Aujourd’hui, elle incarne à la fois le patrimoine spirituel et l’identité artisanale de Thiers, ancienne capitale de la coutellerie.