Eglise Saint-Georges à Limans dans les Alpes-de-Haute-Provence
Eglise Saint-Georges
04300 Limans
Crédit photo : Véronique PAGNIER - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
2 Place de l’Eglise 04300 Limans
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
…
1700
1800
1900
2000
1155
Première attestation
Première attestation 1155 (≈ 1155)
Les revenus de l'église sont attribués aux chanoines de la concathédrale Saint-Mari de Forcalquier.
Fin du XIIe ou début du XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale Fin du XIIe ou début du XIIIe siècle (≈ 1325)
Édification du portail en plein cintre, d'une baie cintrée et d'une voûte en berceau.
Fin du XIIIe siècle
Église paroissiale unique
Église paroissiale unique Fin du XIIIe siècle (≈ 1395)
Saint-Georges devient la seule église paroissiale de Limans.
1735
Ouverture chapelle nord
Ouverture chapelle nord 1735 (≈ 1735)
Construction de la chapelle nord.
1888
Reconstruction portail ouest
Reconstruction portail ouest 1888 (≈ 1888)
Reconstruction du portail ouest de l'église.
1955
Découverte d'éléments liturgiques
Découverte d'éléments liturgiques 1955 (≈ 1955)
Découverte d'éléments d'un chancel et d'un ambon du Haut Moyen Âge.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église paroissiale Saint-Georges, en totalité, telle que délimitée sur le plan annexé à l'arrêté (cad. D 7) : inscription par arrêté du 28 mai 2019
Origine et histoire
L'église Saint-Georges de Limans, bourg situé à 10 km au nord-est de Forcalquier, est attestée en 1155 lorsque ses revenus sont attribués aux chanoines de la concathédrale Saint-Mari de Forcalquier. Du XIIe au XIIIe siècle, deux églises sont mentionnées à Limans, Saint-Pierre et Saint-Georges, chacune étant associée dans les textes à un site distinct : un château inférieur et un château supérieur, dont dépendait Saint-Georges. Ce jumelage d'églises et de châteaux fait l'objet d'interprétations variées : il peut résulter d'un maillage ecclésiastique préexistant, d'une coseigneurie, ou d'une bipolarité interne à un même château distinguant un espace seigneurial « superiore » (éventuellement avec une chapelle castrale) et un espace « inferiore » composé d'un habitat et d'une église paroissiale relevant d'une institution indépendante. Cette dernière hypothèse correspondrait à la topographie actuelle du village et expliquerait la situation excentrée de l'église paroissiale. À la fin du XIIIe siècle, l'église Saint-Pierre est détachée et Saint-Georges devient la seule titulaire de la paroisse ; elle bénéficie d'un vicaire et sa prébende demeure au profit du chapitre de la concathédrale de Forcalquier jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'édifice actuel révèle plusieurs phases de construction : la présence d'un portail en plein cintre sur la façade nord, d'une petite baie cintrée dans la façade occidentale et d'une voûte en berceau sur la nef renvoie à une construction de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Une seconde campagne, marquée par un vocabulaire décoratif de gothique tardif — colonnes engagées profilées avec listel, ogives en amande, bases prismatiques et corbeilles de chapiteaux s'affinant — a concerné l'agrandissement de la nef ainsi que la construction du chevet et de la chapelle sud. La chapelle nord a été ouverte en 1735 et le portail ouest reconstruit en 1888. L'église conserve également des éléments d'un chancel, et peut‑être d'un ambon, du Haut Moyen Âge appartenant au même ensemble mais dont la provenance n'est pas établie ; découverts en 1955, ces éléments ont été partiellement classés comme objets mobiliers en 1956 et 1957 et ont été réutilisés comme table d'autel, antependium et tympan. Mis en réemploi, ces éléments liturgiques constituent aujourd'hui l'un des témoignages les plus anciens des débuts du christianisme en Haute-Provence.