Origine et histoire de l'Église Saint-Georges
L'église Saint‑Georges d'Aubevoye (Eure) est dédiée à saint Georges et fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 24 avril 2009. L'édifice présente des phases de construction des XIIe, XIIIe, XVe et XVIe siècles : la nef conserve au pignon ouest un appareillage en opus spicatum daté du XIIe siècle, tandis que la partie restante a été reprise au XIIIe siècle avec l'ajout des bas‑côtés. Le chœur est décrit comme présentant un chevet à trois pans coupés, parfois qualifié d'heptagonal, et la chapelle Saint‑Georges, datée du XVe siècle, prolonge la nef côté nord contre le chœur. Une tour‑clocher d'origine XIIe siècle, remaniée au XVe siècle puis réparée après 1806, s'appuie sur la travée ouest du chœur ; sa consolidation est attestée en 1845 et des travaux de réfection des murs, de la charpente et de la nef ont été menés entre 1869 et 1874. La façade occidentale, précédée d'un porche de charpente, est percée de deux petites meurtrières, et l'accès s'effectue par une porte à double vantail datée de 1547, classée monument historique en 1903 et protégée sous un auvent. L'édifice suit un plan allongé à trois vaisseaux, la nef centrale étant plus élevée que les collatéraux ; la toiture est à longs pans pour le vaisseau central et en appentis pour les bas‑côtés, qui sont renforcés par des contreforts à ressauts. Des baies en plein cintre ouvrent l'abside, tandis que les collatéraux reçoivent des baies brisées ; la tour‑clocher conserve des arcatures aveugles résultant de l'effondrement ancien d'un niveau de fenêtres et d'une flèche, lié à l'affaissement du mur est du troisième étage. Le mobilier comprend une Vierge à l'Enfant, un Saint‑Nicolas offert au XVe siècle par les habitants du Roule, et une statue de saint Bruno provenant de la chartreuse de Bourbon‑lèz‑Gaillon, chacun classé aux monuments historiques en 1907, ainsi qu'une plaque de marbre noir portant les noms des Bourbon‑Soissons transférée lors de la dispersion des meubles de la chartreuse, classée en 1984, et onze stalles en bois sculpté originaires de la chartreuse. Une statue de saint Fiacre du XVe siècle orne la façade sud. Les vitraux, attribués aux ateliers Duhamel‑Marette, ont été posés grâce à de nombreux donateurs albaviens entre 1872 et 1889, dont la famille Dumarest ; l'atelier Didron est également mentionné par Adolphe Vard comme artisan du vitrail. Une tribune a été installée au‑dessus de la porte d'entrée en 1920 et les orgues ont été livrés en 1923 à la suite d'une souscription publique. La tour abrite trois cloches bénies respectivement le 24 septembre 1819 (« Geneviève »), le 2 février 1896 (« Henriette Sophie Georgette ») et le 14 mars 1926 (« Notre‑Dame des Victoires »), cette dernière portant les noms des 33 habitants morts pour la France pendant la guerre 1914‑1918. L'église est située au sein d'un cimetière ancien qui comprend un carré militaire de la Première Guerre mondiale et des tombes de divers âges ; il n'y a plus de créations de sépultures et de nombreuses tombes anonymes sont signalées en vue d'une reprise par la commune. Sont inhumés dans ce cimetière le chanoine honoraire et camérier du pape monseigneur Joseph Aubert (décédé le 31 octobre 1959), plusieurs anciens maires, la marquise de Combray et la musicienne Marie‑Emmanuelle Bayon. À gauche de la grille d'entrée principale se situe l'ancien local des charitons.