Origine et histoire de l'Église Saint-Georges
L'église Saint-Georges d'Ydes-Bourg, située à 3 km au sud-est d'Ydes dans le Cantal, est un exemple emblématique du style roman auvergnat. Construite au XIIe siècle, elle fut d'abord une commanderie templière avant de passer aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1313, après la dissolution de l'ordre du Temple. Son classement parmi les monuments historiques en 1862 souligne son importance patrimoniale, notamment pour son architecture en pierre de taille et son porche profond orné de sculptures symboliques.
Le porche occidental, voûté en berceau brisé, présente des similitudes avec d'autres églises de Haute-Auvergne comme Sauvat ou Salers. Il est décoré de figures anthropomorphes et zoomorphes, tandis que son tympan arbore une « tête hurlante » (appelée localement « Salguebrou »), motif apotropaïque destinées à éloigner les démons. Les murs latéraux abritent des bas-reliefs représentant l'Annonciation et le prophète Habacuc, témoignant d'un programme iconographique riche.
Le chevet, d'une grande régularité, se compose d'une abside semi-circulaire rythmée par des colonnes engagées. Les fenêtres absidiales, encadrées de colonnettes à chapiteaux géométriques, sont surmontées d'arcs toriques ornés de cordons torsadés. À l'intérieur, la nef voûtée en berceau et l'abside en cul-de-four révèlent une maçonnerie en pierre apparente, tandis que des modillons sculptés de visages expressifs couronnent l'édifice.
L'histoire de l'église est marquée par des transformations majeures : au XVe siècle, deux chapelles latérales sont ajoutées, et la voûte de la nef s'effondre en 1680. Au XVIIe siècle, la commanderie adjacente, vendue comme bien national en 1794-1795, comprenait des bâtiments agricoles et une maison seigneuriale. Entre 1888 et 1899, une restauration ambitieuse, dirigée par les architectes Anatole de Baudot et Louis Bonnay, redonne à l'édifice son aspect actuel, incluant la réfection du chœur et du porche.
Les matériaux utilisés reflètent la diversité géologique locale : le chœur est bâti en tuf volcanique, tandis que la nef mêle tuf, granite et grès. Les couvertures, en ardoise ou en dalles de pierre, varient selon les parties de l'édifice. L'église, toujours en activité cultuelle, illustre l'héritage des ordres militaires religieux en Auvergne et leur rôle dans l'architecture sacrée médiévale.