Frise chronologique
1101
Conflit pour l'autel
Conflit pour l'autel
1101 (≈ 1101)
L'évêque de Soissons cède l'autel à l'abbé de Saint-Médard.
1150-1160
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
1150-1160 (≈ 1155)
Édification sur d’anciennes fondations avec portail caractéristique.
vers 1250
Reconstruction du chœur gothique
Reconstruction du chœur gothique
vers 1250 (≈ 1250)
Travaux menés par les moines de Saint-Médard.
1598
Chapelle seigneuriale ajoutée
Chapelle seigneuriale ajoutée
1598 (≈ 1598)
Guillaume de Baradat construit la sacristie actuelle.
15 décembre 1911
Classement Monument historique
Classement Monument historique
15 décembre 1911 (≈ 1911)
Protection officielle de l’édifice et de son orgue.
1928-1935
Restauration des bas-côtés
Restauration des bas-côtés
1928-1935 (≈ 1932)
Travaux post-Première Guerre mondiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Georges : classement par arrêté du 15 décembre 1911
Personnages clés
| Hugues de Pierrefonds - Évêque de Soissons (début XIIe) |
Cède temporairement l’autel au chapitre. |
| Raoul - Abbé de Saint-Médard (début XIIe) |
Récupère l’autel en 1101. |
| Guillaume de Baradat - Seigneur de Damery (fin XVIe) |
Ajoute la chapelle seigneuriale en 1602. |
| Abbé Hippolyte-Benjamin Thibault - Curé (1858-1886) |
Mène la restauration du XIXe siècle. |
| Louis Joseph Watteau - Peintre (XVIIIe) |
Auteur d’une *Vierge à l’Enfant* (1753). |
| Louis Gordilot - Facteur d’orgues (1792) |
Installe le buffet d’orgue style Régence. |
Origine et histoire
L’église Saint-Georges de Damery, située dans la Marne, trouve ses origines au début du XIIe siècle, liée à l’abbaye bénédictine Saint-Médard de Soissons. En 1101, un conflit éclate entre l’évêque de Soissons et l’abbé Raoul concernant l’autel de l’église, finalement restitué aux moines. Vers 1150-1160, la nef romane et son portail caractéristique sont érigés sur d’anciennes fondations, tandis qu’un prieuré s’y installe, comme en témoigne une charte de 1171 mentionnant un prévôt.
Au XIIIe siècle, le chœur gothique et le transept sont reconstruits vers 1250 par les moines de Saint-Médard, marquant l’apogée architecturale du site. Le vocable Saint-Georges apparaît pour la première fois en 1242. L’église, siège d’un prieuré jusqu’au XVIe siècle, subit des transformations majeures au XVIIe siècle : en 1602, Guillaume de Baradat, nouveau seigneur de Damery, y ajoute une chapelle seigneuriale (actuelle sacristie). Le prieuré est partiellement vendu en 1563 au prince de Condé, mais l’abbaye conserve ses droits seigneuriaux jusqu’à la Révolution.
Classée Monument historique en 1911, l’église traverse les guerres mondiales avec des dégâts limités (vitraux et toiture en 1918 et 1945). Restaurée au XIXe siècle par l’abbé Thibault (1858-1886), elle voit son chœur embelli de vitraux en 1863 et son mobilier enrichi d’éléments Louis XVI. Son orgue, dont le buffet Régence date de 1792, et ses chapiteaux sculptés (fleurs, monstres, scènes de chasse) témoignent de son patrimoine artistique exceptionnel.
L’édifice mêle ainsi deux époques distinctes : la nef et le transept romans (1150-1160), et le chœur gothique (vers 1250). Ses vitraux du XVIe siècle, réemployés dans la rose, pourraient provenir de Guillaume de Baradat. Aujourd’hui rattachée au diocèse de Châlons-en-Champagne, elle incarne près de neuf siècles d’histoire religieuse et architecturale en Champagne.
Son mobilier inclut des fonts baptismaux du XVIe siècle, des tableaux du XVIIIe (dont une Vierge à l’Enfant signée L. Wateau, 1753), et des grilles en fer forgé de 1767. Le clocher, comparable à celui du Mont Saint-Michel, et les clefs de voûte sculptées (comme un prêtre en prière) achèvent de faire de ce lieu un joyau du patrimoine marnais.