Origine et histoire de l'Église Saint-Georges
L’église Saint-Georges de Quenza, située dans le village du même nom en Alta Rocca (Corse-du-Sud), est un édifice religieux construit au XVIIe siècle, bien que ses origines remontent probablement au Moyen Âge. Mentionnée dès 1587 dans un rapport de visite apostolique, elle devient église paroissiale au XVIIe siècle et subit des agrandissements durant cette période. Son architecture combine une nef centrale à charpente apparente et des chapelles latérales voûtées en berceau, tandis que son clocher carré, ajouré de baies étroites et surmonté d’un clocheton octogonal, date de 1838, reconstruit après des dégâts causés par la foudre en 1837-1838. L’ensemble, partiellement classé Monument Historique (clocher et sacristie en 1979, reste de l’église inscrit en 1989), porte les traces de restaurations successives aux XIXe et XXe siècles, altérant partiellement son aspect d’origine.
Le monument est indissociable de l’histoire mouvementée de Quenza, village où Pascal Paoli passa sa dernière nuit en Corse le 12 juin 1769 avant son exil, dans la maison du comte Roccu Francescu Colonna Cesari, figure locale surnommée « u babbu di a patria ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château voisin, réquisitionné par les Allemands comme hôpital et dépôt de munitions, fut repris par les résistants le 16 septembre 1943. L’église, quant à elle, reste un lieu de culte actif (messes hebdomadaires) et un symbole du patrimoine religieux corse, actuellement en cours de restauration.
Architecturalement, l’église illustre les adaptations locales des modèles baroques, avec une façade-pignon sobre ornée d’un fronton triangulaire et des chapelles latérales accessibles par des arcs soutenus par des pilastres. Son clocher, élément le plus remarquable, se distingue par ses cinq niveaux rythmés par des moulurations saillantes et ses quatre obélisques d’angle, couronnés par une coupole à pans. Les archives révèlent aussi son rôle dans la vie sociale, comme en témoignent les travaux financés par la commune au XIXe siècle (devis établi par le maître maçon Ch. Maggi en 1837).
Aujourd’hui, l’église Saint-Georges s’inscrit dans un ensemble patrimonial plus large, incluant la chapelle romane Sainte-Marie (fondée vers l’an Mil) et le château néo-renaissance des Colonna Cesari (XXe siècle), tous deux situés à proximité. Le village, classé en zone rurale à habitat dispersé, mise sur son patrimoine pour attirer les visiteurs, entre randonnées vers les Aiguilles de Bavella et animations culturelles (fêtes patronales, biennales de sculpture). Les études en cours pour la restauration de l’église soulignent son importance durable dans l’identité locale.