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Frise chronologique
1142
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
1142 (≈ 1142)
Donation à l’abbaye Saint-Martin de Pontoise
fin XIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
fin XIe siècle (≈ 1195)
Fenêtres en plein cintre et murs originels
milieu XIIe siècle
Érection du clocher roman
Érection du clocher roman
milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Contreforts plats et arcatures plaquées
1257
Exhaussement de la nef
Exhaussement de la nef
1257 (≈ 1257)
Ajout de fenêtres gothiques en arc brisé
premier quart XVIe siècle
Construction du portail flamboyant
Construction du portail flamboyant
premier quart XVIe siècle (≈ 1625)
Décor sculpté et porche en charpente
10 février 1913
Classement du porche et portail
Classement du porche et portail
10 février 1913 (≈ 1913)
Protection au titre des monuments historiques
années 1970
Restauration radicale de l’église
Restauration radicale de l’église
années 1970 (≈ 1970)
Décapage des murs et reprise des maçonneries
12 décembre 1998
Consécration des fonts baptismaux
Consécration des fonts baptismaux
12 décembre 1998 (≈ 1998)
Remise en place par l’association locale
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porche et porte d'entrée : classement par arrêté du 10 février 1913
Personnages clés
| Odon III - Évêque de Beauvais (XIIe siècle) |
Confirme la donation de la cure en 1142 |
| Abbé de Saint-Martin de Pontoise - Collateur de la cure |
Gère la paroisse jusqu’à la Révolution |
| Bernard Duhamel - Historien local (XXe siècle) |
Auteur d’une étude sur l’église en 1988 |
| Félix Martin-Sabon - Ancien propriétaire voisin |
Demeure dominant la vallée de l’Esches |
Origine et histoire
L’église Saint-Georges de Ronquerolles, située dans le Val-d’Oise, est un édifice composite dont les origines remontent au dernier quart du XIe siècle, comme en témoignent les étroites fenêtres romanes de la nef. La paroisse, fondée en 1142, fut placée sous la dépendance de l’abbaye Saint-Martin de Pontoise, qui y implanta un prieuré aujourd’hui disparu. Le clocher, érigé vers le milieu du XIIe siècle, marque la transition entre les styles roman et gothique primitif, avec ses contreforts plats et ses arcatures plaquées.
Au XIIIe siècle, la nef fut exhaussée et dotée de fenêtres gothiques en arc brisé, tandis que la rosace du pignon occidental, de style gothique primitif, pourrait dater de la seconde moitié du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Le portail flamboyant, ajouté au premier quart du XVIe siècle, et son porche en charpente – classé monument historique en 1913 – constituent les éléments les plus remarquables de l’édifice. Le chœur, aux pans coupés, et le bas-côté sud, ajoutés à une époque indéterminée, reflètent des remaniements successifs, notamment après la guerre de Cent Ans ou les guerres de Religion.
Une restauration radicale dans les années 1970 a modifié l’aspect intérieur, supprimant les badigeons anciens et reprenant partiellement les maçonneries sans respecter les techniques traditionnelles. Aujourd’hui affiliée au regroupement paroissial de Persan, l’église abrite un mobilier épuré, dont une dalle funéraire gravée du XVIe siècle et des fonts baptismaux monolithes, consacrés en 1998. Son clocher, partiellement reconstruit au XVIIIe siècle, conserve une base romane et un étage de beffroi aux baies géminées irrégulières.
L’édifice illustre l’évolution architecturale rurale en Île-de-France, mêlant rusticité médiévale et adaptations postérieures. Son histoire est aussi celle d’une communauté paroissiale liée à l’abbaye de Pontoise, puis intégrée au diocèse de Beauvais avant la Révolution. Les fouilles archéologiques pourraient révéler davantage sur son chœur primitif, peut-être endommagé lors des conflits des XVe–XVIe siècles.
Extérieurement, la façade trapue, dépourvue de contreforts, contraste avec l’élégance du porche et du portail sculpté, où des animaux fantastiques et des feuillages ornent les culs-de-lampe et les archivoltes. La charpente en carène renversée du chœur, datée du XVIe siècle, et les modillons romans remployés dans le clocher rappellent la richesse patrimoniale souvent méconnue des églises rurales du Vexin français.