Origine et histoire de l'Église Saint-Georges
L'église Saint-Georges de Saint-Georges-d'Oléron, édifiée principalement aux XIIe, XIIIe et XVe siècles, est un monument emblématique de l'île. Sa nef et sa façade datent du XIIe siècle, tandis que le chevet remonte au XIIIe et le transept avec ses chapelles au XVe. L'édifice, profondément remanié au fil des siècles, conserve des traces de voûtes en berceau brisé et d'ogives, ainsi que des colonnettes ornées de feuillages et de crochets, typiques de l'art médiéval. En 1040, l'église et ses dépendances furent données à l'abbaye de Vendôme, marquant son importance religieuse et économique dès le Moyen Âge.
Au XIIe siècle, la nef fut surélevée et le bras sud du transept construit, tandis que le chœur semble dater du XIIIe siècle. La chapelle nord, ajoutée au XVe siècle, complète cet ensemble architectural complexe. Après les guerres de Religion, l'église fut restaurée au début du XVIIe siècle, avec des travaux majeurs sur les voûtes au XVIIIe siècle. En 1741, le prieuré fut réuni à la cathédrale de Tours, et les bâtiments conventuels devinrent une « maison seigneuriale ». Les restaurations se poursuivirent au XIXe siècle, et une campagne majeure entre 1960 et 1968 redonna à l'édifice son éclat.
L'église est classée Monument Historique depuis 1931, reconnaissant sa valeur patrimoniale exceptionnelle. Son histoire est aussi liée à celle d'Aliénor d'Aquitaine, bien qu'aucun document ne prouve formellement sa présence dans la commune. Les « Rôles d'Oléron », premier code maritime français attribué à son influence, soulignent cependant les liens étroits entre l'île et cette figure majeure du XIIe siècle. L'édifice incarne ainsi à la fois l'héritage religieux, l'évolution architecturale et les légendes locales de Saint-Georges-d'Oléron.
La commune, située dans la partie septentrionale de l'île, fut un centre viticole avant la crise du phylloxéra, comme en témoignent les chais encore visibles. Le bourg, souvent négligé par les touristes au profit du phare de Chassiron, abrite pourtant ce joyau roman, symbole d'une histoire à la fois maritime, agricole et religieuse. Les halles du XIXe siècle, adjacentes à l'église, et les vestiges des écluses à poisson rappellent aussi l'importance économique et communautaire du lieu à travers les âges.
L'occupation des sols autour de l'église reflète cette diversité historique : terres agricoles, forêts, zones humides et urbanisation récente. Les risques naturels (inondations, retrait-gonflement des argiles) et les vestiges comme le château Fournier ou les écluses à poisson complètent ce paysage patrimonial. Aujourd'hui, l'église Saint-Georges reste un témoin majeur de l'identité oléronaise, entre mémoire médiévale et adaptations modernes.