Frise chronologique
1921
Installation des vitraux
Installation des vitraux
1921 (≈ 1921)
Créations de Morin, Chapée et Échivard
2018
Restauration du clocher
Restauration du clocher
2018 (≈ 2018)
Financé par dons locaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Fraimbault (cad. D 463) : inscription par arrêté du 27 septembre 1971
Personnages clés
| Saint Liboire - Évêque du Mans (348-397) |
Fonda l’église primitive au IVᵉ siècle |
| Saint Fraimbault - Saint patron de la chapelle |
Sarcophage mérovingien attribué |
| Famille de Montesquiou-Fezensac - Seigneurs de Courtanvaux |
Finança la restauration au XIXᵉ siècle |
Origine et histoire
L’église Saint-Georges de Saint-Georges-de-la-Couée s’inscrit dans l’histoire de l’antique villa Sabonarias, un domaine rural du premier millénaire situé dans le Labricin (actuel Pays de la Loire). Ce territoire, marqué par une production de savon à partir de suif de chèvre et de bois, abritait déjà au IVe siècle une église paroissiale en bois fondée par saint Liboire, évêque du Mans. Bien que sa construction exacte reste incertaine (entre IVe et VIIe siècle), cette église primitive fut détruite lors des invasions normandes et bretonnes à la fin du IXe siècle. Les moines de Saint-Calais rebâtirent alors une chapelle sur ses ruines, dédiée à saint Fraimbault, tandis qu’une nouvelle église paroissiale était érigée à 4 km au nord, dans le bourg actuel.
La chapelle Saint-Fraimbault, d’architecture carolingienne (abside en demi-cercle, murs en pierres non appareillées), devint un lieu de pèlerinage réputé, notamment le 16 août. Les fidèles y prélevaient de la poussière du sarcophage mérovingien attribué à saint Fraimbault, censée guérir divers maux. La nef, effondrée au XVIIe siècle, fut reconstruite avec des matériaux limités, expliquant la différence de hauteur entre le chœur (Xe siècle) et la nef. Les vitraux, datant du début du XXe siècle, et les peintures murales des XVe-XVIe siècles (saint Éloi, saint Pierre) enrichissent son intérieur.
Classée monument historique en 1968, la chapelle a bénéficié de restaurations majeures : toiture financée au XIXe siècle par la famille de Montesquiou-Fezensac (seigneurs locaux), vitraux installés en 1921, et clocher en châtaignier reconstruit en 2018 grâce à des dons communautaires. Son patrimoine reflète ainsi près de mille ans d’histoire religieuse, artisanale et seigneuriale, depuis les Celtes jusqu’à l’époque moderne.
Le site conserve aussi des traces de l’industrie savonnière celte, à l’origine du toponyme Sabonarias (de sabo, « savon »). La vallée de la Gabrone, voisine, tire son nom du celte gabras (« chèvre »), animal dont le suif était utilisé pour la fabrication. Ces éléments illustrent le lien entre le monument, les activités économiques anciennes (vignes, savonnerie) et l’organisation sociale médiévale, où églises et prieurés structuraient la vie locale.