Origine et histoire de l'Église Saint-Georges
L'église Saint-Georges de Vesoul est un édifice religieux majeur de la ville, construit entre 1735 et 1745 pour remplacer une ancienne église médiévale jugée trop vétuste. Initialement conçue comme une collégiale sous l’Ancien Régime, elle fut brièvement élevée au rang de cathédrale constitutionnelle pendant la Révolution (1791-1801), avant de redevenir une église paroissiale. Classée monument historique en 1993, elle se distingue par son architecture classique, son clocher du XIXe siècle et ses quarante œuvres d’art recensées, dont des tableaux, sculptures et un orgue historique.
La reconstruction fut décidée après un rapport de 1727 soulignant l’état délabré de l’ancienne église. Plusieurs architectes interviennent, dont Mathieu Duchesne, le P. Arange, et Jean-Pierre Galezot, qui dirigent les travaux à partir de 1736. Financée en partie par un don de 16 000 livres du sieur Aymonnet, la construction connut des retards dus à des litiges juridiques et financiers. L’église fut finalement consacrée en 1756 par le cardinal de Choiseul, puis modifiée au fil des siècles, notamment lors de rénovations majeures en 2007-2008.
Pendant la Révolution, l’église devint le siège du diocèse de Vesoul sous l’évêque constitutionnel Jean-Baptiste Flavigny, avant de perdre ce statut avec le Concordat de 1801. Son intérieur, de style « église-halle », comprend une nef et des bas-côtés de même hauteur, six chapelles latérales, et un mobilier liturgique remarquable, comme un bourgdon classé (Louise-Hélène, 1858) et un orgue de Joseph Rabiny (1776). Les vitraux, datant autour de 1900, et les sculptures, dont une Assomption de la Vierge monumentale, témoignent de son riche patrimoine artistique.
L’architecture extérieure, qualifiée de « classique » ou « jésuite », s’inspire des édifices religieux de Franche-Comté du XVIIIe siècle. La façade, sobre, est rythmée par des colonnes doriques et des fenêtres en arc de cercle. Le clocher, situé sur le flanc sud, abrite quatre cloches actives, dont deux classées. À l’intérieur, les chapelles, dédiées à des saints patrons de corporations (Saint-Éloi pour les serruriers, Saint-Vincent pour les vignerons), reflètent l’histoire sociale et religieuse de Vesoul.
L’église abrite également des tableaux classés, comme Ecce Homo (XVIe-XVIIIe siècle) ou Saint Georges terrassant le dragon (1851) d’Olivier Pichat, ainsi que des sculptures anciennes, dont une Vierge de Pitié du XVe siècle. L’orgue, modifié au XIXe siècle par François Callinet et Alfred Kern, reste un élément central de la vie liturgique. Enfin, la liste des curés, depuis le chapitre collégial (1735) jusqu’à aujourd’hui, illustre son rôle continu dans la communauté vésulienne.