Frise chronologique
1110
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1110 (≈ 1110)
Cession par Gérald de La Palud à l’évêque Hugues.
1129
Premier prieur connu
Premier prieur connu
1129 (≈ 1129)
Gérald cité dans l’entourage d’Amédée III.
1375-1400 (4e quart XIVe)
Construction ou reconstruction
Construction ou reconstruction
1375-1400 (4e quart XIVe) (≈ 1388)
Période majeure pour l’édifice actuel.
XIVe siècle
Introduction de la commende
Introduction de la commende
XIVe siècle (≈ 1450)
Déclin de la vie conventuelle régulière.
1599
Rattachement à Thonon
Rattachement à Thonon
1599 (≈ 1599)
Bulle de Clément VIII unissant revenus.
1667
Sécularisation définitive
Sécularisation définitive
1667 (≈ 1667)
Bulle de Clément IX supprimant vie priorale.
1762
Union des biens
Union des biens
1762 (≈ 1762)
Bulle de Clément XIII à Thonon.
7 mars 1952
Classement MH
Classement MH
7 mars 1952 (≈ 1952)
Inscription au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise du Prieuré : inscription par arrêté du 7 mars 1952
Personnages clés
| Saint Hugues Iᵉʳ - Évêque de Grenoble (1080–1132) |
Fonda le prieuré avec Gérald de La Palud. |
| Gérald/Géraud de La Palud - Seigneur de Chignin |
Céda églises et dîmes à l’évêque en 1110. |
| Adon - Clerc, fils de Gérald |
Bénéficiaire de l’usufruit des églises. |
| Gérald (1129) - Premier prieur connu |
Cité avec le comte Amédée III. |
| Clément VIII - Pape (1592–1605) |
Rattacha les revenus à Thonon (1599). |
| Clément IX - Pape (1667–1669) |
Sécularisa le prieuré en 1667. |
Origine et histoire
L’église Saint-Georges du Prieuré, située à Saint-Jeoire-Prieuré (Savoie), fut fondée en 1110 sous l’impulsion de saint Hugues Ier, évêque de Grenoble, avec l’appui de la famille de Gérald de La Palud, seigneur de Chignin. Ce dernier céda à l’évêque la moitié des églises de Saint-Jeoire et de Murs, ainsi que leurs dîmes, tout en conservant l’usufruit pour le clerc Adon, son fils. L’autre moitié appartenait aux Miolans, cousins des Chignin. Le prieuré fut confié aux chanoines réguliers de saint Augustin, avec Gérald comme premier prieur attesté en 1129.
Au Moyen Âge, le prieuré connut une prospérité liée à la possession d’églises locales (Chignin, Triviers, Curienne) et à l’influence des familles nobles (Miolans, La Chambre, Chignin). L’ensemble, fortifié et ceint de fossés, comprenait des tours, une maison-forte pour le prieur, et une maison des chanoines, comme le montre une estampe de 1600. Le site était une seigneurie ecclésiastique à part entière, mêlant pouvoir spirituel et temporel.
La commende s’installa au XIVe siècle, marquant le déclin de la vie conventuelle. En 1599, le pape Clément VIII rattacha les revenus du prieuré au collège de la Sainte-Maison de Thonon, avant sa sécularisation définitive en 1667 sous Clément IX. Une bulle de 1762 (Clément XIII) supprima la vie priorale, ne conservant que la paroisse. L’église, témoin de cette histoire, fut classée monument historique en 1952.
L’édifice actuel date principalement du 4e quart du XIVe siècle et du XVe siècle, période de reconstruction ou d’embellissement du site. Son architecture reflète à la fois son rôle religieux (église priorale) et défensif (enceinte crénelée, tours), caractéristique des prieurés savoyards sous influence seigneuriale. Les familles nobles locales, comme les Miolans, y jouèrent un rôle central, tant par leurs dons que par leur contrôle sur les prébendes.
Le prieuré de Saint-Jeoire illustre les liens étroits entre pouvoir ecclésiastique et aristocratie laïque en Savoie médiévale. Les chanoines augustins, tout en assurant la vie spirituelle, géraient un domaine seigneurial autonome, avec justice, dîmes et droits féodaux. La sécularisation progressive (XVIe–XVIIIe siècles) reflète les bouleversements de la Réforme catholique et la centralisation des biens ecclésiastiques.