Frise chronologique
début XIIe siècle (vers 1100-1120)
Reconstruction du transept
Reconstruction du transept
début XIIe siècle (vers 1100-1120) (≈ 1103)
Ajout d’absidioles suspendues et chapiteaux sculptés.
1130-1150
Construction de la coupole
Construction de la coupole
1130-1150 (≈ 1140)
Travaux sur le carré du transept.
fin XIe siècle (vers 1080)
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
fin XIe siècle (vers 1080) (≈ 1195)
Premières mentions archivistiques avec Géraud de Gourdon.
XVIe siècle
Remplacement de l’abside
Remplacement de l’abside
XVIe siècle (≈ 1650)
Chœur fortifié avec meurtrières pour armes à feu.
1654
Construction du portail ouest
Construction du portail ouest
1654 (≈ 1654)
Façade restaurée au XIXe siècle.
1848
Classement monument historique
Classement monument historique
1848 (≈ 1848)
Parmi les premiers édifices protégés en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par avis de classement du 2 décembre 1848
Personnages clés
| Géraud de Gourdon - Évêque de Cahors |
Cité dans l’acte de fondation vers 1080. |
| Pierre de Cisière - Abbé de Saint-Géraud d’Aurillac |
Responsable du prieuré au XIe siècle. |
| Jean de Vivans - Seigneur protestant |
Contrôle les biens du prieuré au XVIe siècle. |
| Pierre Dubourg-Noves - Historien de l’art |
A analysé les campagnes de construction. |
Origine et histoire
L’église Saint-Géraud de Monsempron-Libos, fondée à la fin du XIe siècle comme prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye d’Aurillac, est l’un des plus anciens de l’Agenais. Un texte de 1080, évoquant des personnalités comme l’évêque Géraud de Gourdon ou l’abbé Pierre de Cisière, confirme son existence précoce. Le site, probablement donné par les seigneurs de Fumel vers 1060, abritait une crypte destinée à conserver des reliques sous le maître-autel, une rareté régionale.
L’édifice actuel résulte de six campagnes de construction majeures. La première, à la fin du XIe siècle, érige une nef unique à chevet trilobé. Au début du XIIe siècle, le transept est reconstruit avec des absidioles suspendues, puis une coupole sur pendentifs et une crypte voûtée sont ajoutées vers 1130-1150. Les chapiteaux sculptés (animaux fantastiques, sirènes) et la stéréotomie de la coupole datent de cette période. Une chapelle est adjointe au XIIIe siècle, tandis qu’au XVIe siècle, l’abside romane cède la place à un chœur fortifié, doté de meurtrières adaptées aux armes à feu.
Les guerres de Religion marquent l’histoire du prieuré : l’église, utilisée simultanément pour les cultes catholique et réformé, échappe aux destructions majeures. Au XVIIe siècle, la nef est reconstruite (voûtes en berceau, piliers ornés de sculptures rustiques) et le portail ouest édifié en 1654. Classée monument historique dès 1848, l’église subit des restaurations aux XIXe et XXe siècles, comme la suppression de la salle de défense en 1898 ou l’aménagement liturgique de 1969, reflétant son adaptation continue.
Le prieuré, simple et dépendant directement de l’abbaye-mère, suit la règle bénédictine. Son histoire, mal documentée avant le XVe siècle, est marquée par les conflits locaux (croisade des Albigeois, guerre de Cent Ans). Au XVIe siècle, la famille protestante Vivans, dont Jean de Vivans (fils du capitaine Geoffroy), exerce une influence sur ses biens. Malgré ces turbulences, l’édifice conserve des éléments romans remarquables, comme sa crypte semi-enterrée ou ses chapiteaux historiés.
L’architecture complexe de Saint-Géraud illustre les superpositions stylistiques : roman (crypte, coupole), gothique (voûtes de la nef), et défensif (salle fortifiée). Les restaurations du XIXe siècle (suppression des enduits par Vigier en 1862) et les modifications liturgiques récentes (1969) témoignent de sa vitalité cultuelle et patrimoniale. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un exemple majeur de l’art roman agenais, enrichi par des siècles d’adaptations.